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Tout est dans tout

Tout est dans tout

Courtiser les opérateurs et faire venir les investisseurs mauriciens. Selon les informations officielles, tout baigne, ces jours-ci, entre les deux pays. Ce qui est une bonne chose dans la mesure où la Grande île, en particulier, a grand besoin d’un coup de pouce pour booster son économie, à travers la relance des investissements. Une embellie serait ainsi la bienvenue, ne serait-ce que dans le domaine de la création d’emplois supplémentaires dont l’initiative en la matière fait désespérément défaut au plus haut sommet de l’Etat. Jusqu’ici, les nouveaux emplois sont, en effet, suspendus à la rééligibilité du pays à l’Agoa dont la suspension, sous la Transition, a fait que des milliers d’individus s’étaient retrouvés sans ressource financière fixe.

Cependant, il faut se rendre à l’évidence. Entre le rêve et la réalité, ou la volonté d’aller de l’avant et les exigences internes, il existe un profond fossé à combler, et ce dans la mesure du possible. Certes, pour reprendre la formule adoptée à l’unanimité, et brandie à maintes reprises par le Chef de l’Etat, le pays dispose de potentiels énormes, non seulement en termes de ressources naturelles mais également humaines. Sauf qu’il existe aussi des paramètres internes à prendre en compte, notamment au niveau sécuritaire et de la mentalité. Il est tout à fait louable d’inviter des investisseurs étrangers à venir mais il est encore plus sérieux de donner des gages à ceux qui sont déjà sur place. Ceux-ci devraient être au cœur de la relance dont le pays attend, en vain, le décollage.

Cela passe évidemment par la réforme de l’administration qui a fait de la lenteur sa marque de fabrique. Sans oublier la corruption qui, à tous les niveaux, reste le fléau primaire. A cela s’ajoute le phénomène de kidnapping qui, ces temps-ci, semble être devenu un fait banal aux yeux des simples citoyens qui ne savent plus qui fait quoi lorsqu’une affaire de ce genre éclate. Il faut aussi se rendre à l’évidence quant aux conditions de réussite qui s’articulent autour de la stabilité politique et de la sécurité, et non de l’indécision et l’instabilité qui, ces derniers temps, sont largement légion.

Bien évidemment, il faudrait également dans tout cela, que les opérateurs locaux parent à la concurrence, et par la même occasion, évitent le monopole. Pour reprendre une formule chère à l’actuelle secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean qui, soit-dit en passant a fait de l’économie l’une de ses priorités, « tout est dans tout ». En redressant l’économie, à travers les investissements nationaux ou étrangers, dans un climat apaisé où chacun apporte sa contribution, l’Etat pourra se délester du fardeau de la création d’emplois dans tous les domaines sur le secteur privé. Jeunes, femmes et hommes chômeurs y trouveront leur compte. C’est peut-être cela l’esprit de la croissance partagée et du développement responsable.

Jao Patricius

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