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Chacun ses lois

Chacun ses lois

Pour les Brésiliens c’est un scandale, pour les Malgaches c’est le quotidien. Lula da Silva, ex-président du Brésil rattrapé par une affaire de corruption. Les juges ont accusé l’ex-chef de l’Etat d’avoir obtenu certaines faveurs de la compagnie pétrolière Petrobras, alors qu’il était encore au pouvoir. Des propos qui sont évidemment niés par ce dernier, dénonçant une tentative de sabotage contre lui pour les échéances présidentielles de 2018. L’affaire est à suivre de près puisque pour les juges en charge de l’affaire, personne n’est au-dessus de la loi. Accuser un ex-chef d’Etat n’est pas une affaire comme les autres, d’autant plus que ce dernier est soutenu par une foule de partisans.

Cependant, certains ne le blâment pas. Sortir du cercle de la présidence n’est pas facile. Cela signifie abandonner nombreux avantages qui nous ont été empruntés. Nourris, logés, véhiculés, les vacances payées, indemnités faramineuses, et bien d’autres encore. Un retour à la réalité pas très évident surtout lorsque le seul bénéfice qu’on ait est l’appellation d’ancien président. En effet, aucun texte au Brésil ne donne quelconque avantage aux anciens chefs de l’Etat. Ces derniers deviennent de simples personnalités qui devront se débrouiller comme tout le monde. Peut-être serait-il excusable que Lula ait bien voulu penser à son avenir !

Contrairement à celles du Brésil, les lois malgaches sont plus souples et permettent aux anciens chefs d’Etat de bénéficier de plusieurs avantages, comme des indemnités mensuelles, un logement, un véhicule, et

d’autres frais. Des offres qui ne semblent pas très alléchantes apparemment puisque certains songent encore à revenir à la présidence de la République où les affaires prospèrent.

Bien que le pays se trouve au 123è rang sur 164 pays en matière de corruption, aucune initiative concrète n’est prise, du moins les plus efficaces. Jusqu’ici, la justice n’a jamais pu accuser quelqu’un en particulier, et encore moins des personnalités hautement placées. Combien de temps s’est écoulé avant que l’affaire de corruption à l’Assemblée nationale soit vite oubliée ? Et qu’en est-il de l’affaire Bekasy ? Du temps il en faudra pour tout ratisser, mais pas seulement puisque la volonté y est également pour beaucoup. Le pire c’est que certaines institutions sont conscientes de la réalité mais font exprès de ne rien comprendre. Il est encore loin le temps où l’adage «dura lex sed  lex» prévaudra.

Tahina Navalona

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