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Reflet de la semaine – Organisation : la COI affiche ses ambitions

Reflet de la semaine – Organisation : la COI affiche ses ambitions

Le trente-et-unième conseil des ministres de la Commission de l’océan Indien (COI) s’est déroulé le 26 février dernier à Saint-Denis de La Réunion. La rencontre a permis à l’organisation sous-régionale d’examiner les différents dossiers de coopération en cours mais aussi de confirmer ses objectifs pour conforter sa place au niveau international.

Historiquement, la COI est une organisation intergouvernementale créée en 1982 à Port-Louis (Maurice) et institutionnalisée en 1984 par l’Accord de Victoria (Seychelles). Elle réunit cinq pays de la région océan Indien, à savoir l’Union des Comores, la France/Réunion, Madagascar, Maurice, et les Seychelles. Sur son site, il est expliqué que sa mission principale consiste à resserrer les liens d’amitié et de solidarité entre les populations de l’Indianocéanie, et à bâtir des projets régionaux de développement durable, destinés à les protéger, à améliorer leurs conditions de vie et à préserver les ressources naturelles dont elles dépendent fortement.

Jusqu’ici, la COI est la seule organisation régionale africaine composée exclusivement d’îles, dont la COI défend les intérêts insulaires sur la scène régionale et internationale et promeut un développement plus durable et solidaire.

A titre d’illustration, au niveau des engagements dans la lutte contre le changement climatique, la COI a participé à la Cop 21 ou la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les effets du changement climatique, qui s’est tenue à Paris en décembre dernier. «La COP 21 sera l’occasion de faire savoir ce que la COI et ses pays membres (Union des Comores, Madagascar, Maurice, Seychelles et la France au titre de La Réunion) entreprennent en matière d’adaptation au changement climatique et d’atténuation de ses effets», avait d’ailleurs précisé un communiqué de la commission à cette occasion. Par ailleurs, à travers son projet «Islands» financé par l’Union européenne, la COI a mobilisé des experts internationaux en négociations climatiques en appui à ses pays membres.

Coopération diversifiée

Au niveau de l’organisation sous-régionale, la coopération est aussi fluide que variée. Les secteurs diplomatique, économique et commerciale, l’agriculture, la pêche maritime et la conservation des ressources et des écosystèmes, et plus encore les « Programme régional de protection des végétaux de l’océan Indien » rogrammes liés à la protection des végétaux de l’océan Indien, dans les domaines culturel, scientifique, technique, de l’éducation ou encore en matière de justice. A titre d’exemple, en février 2009, les membres de la COI ont conduit une mission d’observation à « Madagascar » Madagascar, et ont fait part de leur disponibilité pour une médiation politique. A l’instar d’autres pays du monde, les pays membres de la COI tiennent compte des nouveaux enjeux géostratégiques qui font que la coopération se renforce désormais pour faire face aux menaces liées au terrorisme et à la question migratoire, ainsi qu’à la vulnérabilité des Etats insulaires face aux effets du changement climatique.

Une présidence malgache réussie

La présidence malgache de la COI a débuté en 2014 et prendra fin cette année. Dans son discours d’ouverture du 31è conseil des ministres de la commission, la chef de la diplomatie malgache a donné des détails sur les étapes franchies et les défis relevés lors de cette présidence malgache. Elle a notamment évoqué la concrétisation du projet de sécurité alimentaire de l’océan Indien, la mise en place du Centre de fusion d’informations maritimes (CRFIM) au bénéfice de la région AfOA-OI, la signature le 18 février dernier dans la capitale malgache des deux accords de siège pour la mise en place, respectivement, de l’Unité régionale de la COI pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle (Ursan), et du CRFIM à Antananarivo.

Concernant le renforcement de la connectivité, dans les domaines aérien, maritime et numérique, des avancées ont également été constatées. C’est le cas par exemple de l’institutionnalisation de l’«Alliance Vanille», le 21 septembre 2015. «A travers cette alliance transparaît la volonté de coopérer pour améliorer significativement la connectivité aérienne régionale dans les domaines des ventes, de la promotion, de la formation et de la fidélisation», se félicite d’ailleurs la ministre malgache des Affaires étrangères. Par ailleurs, dans le domaine de la connectivité maritime, le projet de cabotage maritime inter-îles est en cours. Une initiative qui pourrait déboucher sur la création d’une compagnie maritime régionale.

Au niveau international, l’acquisition par la COI du statut d’observateur auprès de l’Organisation mondiale de la migration ou encore la participation active du Secrétariat général à la COP 21 à Paris en décembre dernier renforce la présence de cette organisation au niveau des instances mondiales.

La France prend le relais

Conformément au principe de la présidence tournante de cette organisation, après Madagascar, c’est au tour de France/Réunion de présider la COI cette année. Présent à ce rendez-vous, le secrétaire d’Etat français chargé du développement et de la Francophonie, André Vallini s’est d’ailleurs réjoui à l’idée d’apporter sa contribution dans cette organisation. D’après lui, la présidence française sera notamment axée sur la sécurité face à la menace djihadiste, le climat avec la mise en œuvre de l’Accord de Paris COP 21, ainsi que le développement économique passant par une meilleure connectivité aérienne, maritime et numérique, avec l’objectif d’une liaison aérienne quotidienne.

Accords

Plusieurs accords, portant entre autres sur l’agriculture ont été signés avec le premier partenaire de la COI, à savoir l’Union européenne, à l’issue du 31è Conseil des ministres. Il s’agit notamment d’une convention de partenariat avec la Plateforme d’intervention régionale de l’océan Indien (Piroi), de l’accord-cadre sur la formation en ligne en agro-sciences, réunissant sept universités de la région dont l’Université de La Réunion, Agreenium et la Commission de l’océan Indien qui consiste en un dispositif régional de formation en ligne partagé, afin d’appuyer les opérateurs du développement agricole de l’Indianocéanie, ainsi qu’une convention de financement UE-COI portant sur une Facilité de coopération technique en faveur de la COI à hauteur de 910 000 euros et marquant le début de la coopération de l’UE avec la COI dans le cadre du 11è Fed.

Secrétariat général

Outre l’acquisition par la Chine du statut d’observateur de la Commission de l’océan Indien, la désignation du nouveau Secrétaire général de la Commission, en la personne de Hamada Madi dit Boléro, proposé par l’Union des Comores constitue aussi l’un des faits marquants du 31è conseil des ministres de la COI du 26 février dernier.

Page réalisée par J. Patricius

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