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Reflet de la semaine – La culture malgache « Manonga escalier »

Reflet de la semaine – La culture malgache « Manonga escalier »

Comme l’un de ses titres «Manonga escalier»  l’indique, Wawa ne cesse de gravir les échelons.  A l’apogée de sa carrière, l’artiste malgache effectue un duo avec Luyanna, une célébrité internationale, dans «Elaela». Les artistes viennent d’effectuer le tournage du clip de cette nouveauté, un projet suivi de près par la presse internationale et nationale.

Une grande première. Du moins, en ce début du troisième millénaire. Un artiste malgache en duo avec une artiste européenne de renom international. Wawa, featuring Luyanna, dans «Elaela». Et plus encore, il s’agit d’un titre en malgache. Non seulement, c’est valorisant pour le chanteur, mais c’est aussi un honneur pour le pays, sous certains angles, culturel, touristique et économique.

 Luyanna, Alisson Riberto Marques de son vrai nom, est une artiste portugaise, particulièrement connue grâce à la reprise du fameux  titre de la Zambienne, Mampi, «Walilowelala». Ce tube a placé la Portugaise à la tête des hits parades dans de nombreux pays du monde et l’a rendue célèbre à travers le monde. Wawa, l’un des grands artistes malgaches du moment, un jeune musicien promoteur du salegy pour ne pas dire, l’un des maîtres en la matière, est particulièrement séduit par le talent de cette artiste européenne.

«J’ai découvert Luyanna à travers ses clips, diffusés sur Youtube, et j’admire particulièrement sa voix. Puis, lorsque j’ai eu l’occasion de la rencontrer, de lui proposer de travailler ensemble, j’ai constaté qu’il s’agit d’une personne vraiment sympathique, bien fréquentable et loin d’être raciste». Déterminé, Wawa a fini par signer un titre avec cette chanteuse  européenne particulièrement attachée à la musique tribale, adepte de reggeaton et inconditionnelle admiratrice de la musique latine.

Luyanna, quant à elle, a découvert Wawa pour la première fois à Mayotte. «A ce moment- là, j’ai parlé à mon producteur que ce serait bien de faire quelque chose avec lui. Puis, il y a eu des contacts et nous nous sommes rencontrés à Paris où a été né, en studio  Elaela», témoigne la chanteuse portugaise. Cette nouvelle création artistique en question est une musique métisse, un mélange de deux cultures, portugaise et malgache, à travers la «Rancho», une danse traditionnelle et folklorique portugaise et le «Salegy», une danse et musique traditionnelle typique du Nord-ouest de la Grande île.

Ces deux genres culturels, différents, ont pourtant un point commun, dans le fond, l’accordéon. «En écoutant une version retravaillée de la chanson, constate Luyanna,  la première étant une sorte de mise à plat à base de rythmique et de piano pour nous donner la tonalité, j’ai constaté que Wawa a ajouté de l’accordéon dans l’arrangement, je me suis demandée s’il était allé au Portugal. En fait, je ne savais pas que les Malgaches utilisent aussi cet instrument dans leur musique traditionnel».

Une bonne partie de cette nouvelle chanson est en effet en malgache. Et Luyanna affirme ne pas avoir du mal à s’adapter au  malgache, vu qu’elle est déjà polyglotte. «Je parle déjà le portugais, l’espagnol et le français». Mais certaine similitude entre le malgache et le portugais, à l’instar du terme «hariva» – en l’air en portugais et le soir en malgache-, aurait également facilité les choses pour la chanteuse. La voilà alors embarqué dans le projet, s’est rendue même à Madagascar, plus particulièrement à Nosy Be, pour tourner le clip de  «Elaela» avec Wawa et apprendre le… salegy.

M6 pour la promotion

Shana De la Croix, rédactrice en chef de l’émission Absolument Star de M6, est à la tête de l’équipe de tournage de la chaîne française qui réalisera un reportage sur Wawa et Luyanna dans le cadre de leur projet artistique. «C’est effectivement la première fois que je vais parler d’un artiste malgache, dans mon émission», rassure la journaliste. Des artistes mauriciens, marocains et surtout africains, elle en a déjà parlé beaucoup. Mais pour Madagascar, ce sera une grande première avec le jeune maître du salegy malgache.

En vérité, la chaîne française travaille depuis un moment avec la chanteuse portugaise. «Luyanna  chante dans l’album Tropical Family  qui fait un tube. Depuis, nous l’avons suivie. Quant à Wawa, j’en ai déjà entendu parler un peu, de sa musique et de ses spectacles. Et voilà, nous sommes là, à Madagascar pour faire un reportage sur les deux artistes, notamment sur le making of du clip Elaela», explique-t-elle.

Il s’agit en effet d’une opportunité à ne pas manquer pour Wawa qui, comme  l’un de ses titres l’indique, commence bien à «monter l’escalier».  Tout petit, il a commencé ainsi batteur auprès du groupe JB et le voilà maintenant, dans la cours des grands, avec des célébrités internationales comme Luyanna, dans un duo. Mais effectivement, Luyanna ne sera pas la seule artiste avec qui il effectuera des duos cette année. «Il y aura également Bako Ali de Mayotte et Toofan», prévient-il.

Une équipe de choc, un vrai régal, de la fête…

Une équipe de onze personnes, à l’instar de Luyanna, la chanteuse portugaise, Faouze Barkati, le producteur et responsable de Yanis Records, et Vincet Egret, un réalisateur canadien ayant plus de 250 clips célèbres à son actif, ainsi que toute une équipe de tournage de M6, se sont déplacées à Nosy Be pour le tournage du clip de «Elaela», le duo de Wawa avec Luyanna. Il s’agit, comme le producteur l’a dit, d’une véritable équipe de choc, non seulement pour  faire valoir le talent des artistes, mais aussi pour faire davantage de promotion pour la Grande île.

Pour le réalisateur Canadien, le projet d’association des deux artistes est tout simplement «excitant». Le décor, naturel, est par ailleurs extraordinaire,  très inspirant. Ainsi, il compte mettre en scène les deux artistes dans de beaux univers, faire valoir la beauté des îles de Nosy Be, et faire découvrir de l’énergie, de la danse, de la chorégraphie et surtout de la musique, car Wawa et Luyanna sont de «beaux danseurs».

«Wawa fait déjà des clips très beaux, mais dans ce projet, j’apporte une approche Nord-américaine, différente (…) Il n’y aura pas d’histoire proprement dite, c’est comme des tableaux : on trouve des lieux naturels, très graphiques, puis on met les personnages à l’intérieur. Nous allons faire des constructions à l’intérieur. Nous allons essayer de les mettre en scène, ensemble. Trouver des moments intenses (…) un vrai régal», confie Vincent Egret.

Pour la vivacité du clip, Luyanna a dû apprendre le salegy, esquisser quelques pas de danse, auprès des chorégraphes et danseuses professionnelles malgaches. Et au vu de quelques images, l’artiste portugaise s’en sortait pas mal. Elle trouve même aussi vite le sens du rythme et l’esprit du salegy, la fête, et s’en donne à cœur joie.

Le tournage du clip a été effectué pendant trois jours, après quelques jours de repérage où toute l’équipe a pu découvrir la beauté des îles de Nosy Be, de long en large, de véritables trésors et richesses, à découvrir et à consommer sans modération. Une véritable publicité pour l’île paradisiaque qui, valorise aussi, les siens, ses artistes.

Textes : Vavah Rakotoarivonjy

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