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Histoire sans fin

Histoire sans fin

Avec tout ce qui se passe actuellement, il y a de quoi rendre fou même les plus sains. Si le virus Zika mobilise le monde entier, Madagascar est préoccupé par le fameux « Ambalavelona », cette maladie étrange que le ministère de la Santé qualifie de maladie d’origine spirituelle. Face à l’impuissance des médecins qui ne peuvent qu’administrer des tranquillisants, les guérisseurs traditionnels sont, pour une fois, mis sur le devant de la scène. Et cela marche puisqu’apparemment le ministre en personne les a remerciés pour leur collaboration. Religieux et guérisseurs traditionnels font tout leur possible pour guerir les malades répartis dans plus d’une centaine de circonscriptions scolaires à travers l’île.

Mais comme toute bonne chose a ses revers, certains y trouvent toujours quelque profit, à l’instar des disciples d’un certain « kohen » actuellement en prison, qui essaient de faire chanter les autorités en demandant à ces dernières de libérer leur guide en échange de l’éradication, une bonne fois pour toutes de l’« Ambalavelona ». Faut-il rappeler que le même personnage a été incarcéré car jugé coupable d’avoir justement inoculé cette maladie étrange à certaines personnes de son entourage.

L’histoire de la carrière d’Anjozorobe suscite également l’attention de tous, particulièrement après les exactions perpétrées par les forces de l’ordre. Il semblerait que le fils d’une haute personnalité étatique est impliqué dans l’affaire mais tout reste à vérifier étant donné que plusieurs versions des faits se contredisent. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’apparemment, les politiciens n’ont pas attendu longtemps pour réagir de telle sorte que certains propos font allusion à une éventuelle guerre ethnique. Que penser de cette histoire, l’affaire ne sera jamais étalée au grand jour, politique oblige. Des fusillades dénoncées par une partie, une autre qui dit le contraire le lendemain, et une autre encore qui donne une version totalement différente de la première. L’affaire sera vite étouffée, classée sans suite sans raison apparente, et chacun vaquera à ses occupations quotidiennes. En attendant, la population sera laissée sur sa faim, et ne connaîtra jamais la fin de l’histoire, pourtant digne d’un film de western.

D’ailleurs, tout ce qui se passe dans le pays devrait être adapté à la télévision. Chaque jour un épisode. Aujourd’hui l’insécurité, demain la famine, le lendemain les inondations, ce ne sont pas les histoires qui manquent. Et les weekends ou les jours fériés, les spectateurs auront droit à des émissions plus passionnantes comme les tribulations d’un haut dignitaire d’église, ou encore les frasques d’un magistrat. De quoi occuper les adeptes de séries télévisées pour un bon moment puisqu’au final, chaque histoire reste sans fin.

Tahina Navalona

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