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La justice « impopulaire »

La justice « impopulaire »

Un phénomène récurent et imprévisible, difficile à maîtriser une fois déclenché. La justice populaire à ne pas confondre avec la justice au nom du peuple témoigne selon l’opinion publique de la fragilité du système judiciaire d’un pays. Ces dernières années, la vindicte populaire a fait parler d’elle à Madagascar. Pas plus tard qu’avant-hier, Moramanga a été au centre de l’actualité car un accident de voiture causant la mort de cinq personnes a dégénéré en un règlement de comptes plus que tragique. En fait, la population a passé outre l’autorité et décidé de se faire justice elle-même. La suite, tout le monde la connaît, en quelques minutes la population est partie à la chasse des occupants du véhicule 4×4 non pas dans le dessein de leur demander explication et de les emmener ensuite au poste de police. Loin de là… les rancunes se transforment en haine féroce et désir de vengeance meurtrière qualifiée même d’acte de barbarie.

Les uns parlent de dérive de la société alors que les autres pensent que c’est dû à la défaillance de notre système judiciaire. La population ne croît plus ou plus précisément ne fait plus confiance à la justice égale pour tous. Et il y a de quoi se méfier quand elle figure parmi les institutions les plus corrompues du pays. Même la communauté internationale n’a pas mâché ses mots sur le sujet, concernant notamment l’application stricte de la loi pour tous sans distinction de catégorie sociale.

Récemment, l’ancien Premier ministre Omer Beriziky a parlé d’impunité dans les affaires de bois de rose. Des enquêtes menées faisant même l’objet d’effet d’annonce et de tam-tam médiatique, nombreuses ont été entreprises et classées malgré tout sans suite. Le manque de transparence ne fait que souiller l’image de la justice déjà « impopulaire » aux yeux de la population.

Nul besoin d’un sondage pour constater que les citoyens perdent leur confiance envers la justice malgache. Pointée du doigt ces derniers temps, elle tente de redorer son blason et de faire bonne impression surtout auprès de la communauté internationale. Dommage pour elle que la confiance ne se décrète pas. Face à ce déficit, le risque d’une vindicte populaire reste présent surtout dans un pays comme Madagascar. D’après les sociologues, ce phénomène récurent est aussi le reflet d’une société « en colère ».

J.R.

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