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Hué, et après ?

Hué, et après ?

Une heure à peine après son arrivée au salon de l’agriculture, le président français François Hollande se fait huer par des agriculteurs, lui disant de démissionner après l’avoir traité de tous les noms. Des gestes vite oubliés par le chef de l’Etat français qui a répondu aux questions des journalistes dans le calme. Des anecdotes du même genre, il y en a autant et après…

Nicolas Sarkozy était également passé par là, mais en plus d’être hué par des opposants, ce dernier a été bousculé par un manifestant lors d’un bain de foule. Et la liste est encore longue. Le président sud-africain Jacob Zuma a, lui aussi fait face à la foule en colère et mécontente lors d’un meeting dans une petite ville. Cette dernière avait même lancé des pierres sur les véhicules du cortège présidentiel. L’ancien président américain, George Bush a esquivé les chaussures d’un journaliste irakien. Ce dernier était mécontent de la politique mené par le président qui, d’après lui avait causé la mort de milliers d’Irakiens. Interpellé, le journaliste a écopé d’une peine de trois ans de prison, réduite à une année car son casier judiciaire était vierge.

Les chefs de l’Etat malgaches ne sont pas épargnés. On se souvient de la fois où Hery Rajaonarimampianina avait été sifflé par les spectateurs dans les gradins lors d’un match de rugby. Ce dernier avait quitté la tribune quinze minutes après le coup d’envoi alors qu’il devait remettre la coupe au vainqueur. Son prédécesseur, Andry Rajoelina avait lui aussi passé de sales quarts d’heure lorsqu’il était encore au pouvoir. A chaque sortie, il se faisait huer par des passants. Comme quoi, c’est un passage obligé pour les dirigeants. Diriger n’est pas facile et les critiques seront toujours là pour le rappeler. Cependant, toutes ces mésaventures ont-elles servi à quelque chose ? Combien d’entre tous ces dirigeants se sont rappelés de ces faits ? Les premières réactions obligatoires étaient évidemment de rester calme, sans paniquer, et c’est d’ailleurs ce que chacun d’entre eux ont fait, mais combien se rappellent de ces évènements ? Sont-ils conscients que ces choses n’arrivent pas par hasard, sont-ils conscients des véritables causes de ces agissements, et ont-ils ensuite pris des mesures par rapport à cela ? La question reste sans réponse. Les agriculteurs ont commencé à manifester voilà près d’un an déjà, aucune réponse satisfaisante jusqu’à hier encore.

 La guerre au Moyen-Orient se poursuit jusqu’à présent bien qu’elle ait pris un tournant plus ou moins différent. Madagascar ne semble pas avancer d’un pouce en matière de développement et de bonne gouvernance, et les différents sondages nationaux et internationaux le font savoir. Se faire huer est peut-être devenu une pratique et après ?

Tahina Navalona

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