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Si loin et si proche

Si loin et si proche

Le mandat de l’actuel chef de l’Etat n’en est même pas encore à sa seconde moitié que certains acteurs politiques se tournent déjà vers l’année désormais fatidique 2018. Mathématiquement, il reste à Hery Rajaonarimampiainina deux ans et dix mois, ce en ne tenant pas compte de l’éventuelle période électorale, soit entre avril et décembre. Sauf que les évènements qui se sont déroulés ces derniers temps indiquent que certains acteurs se précipitent déjà vers une échéance qui reste encore à définir. Comme tous les faits et gestes comptent en politique, tous sont donc à l’abordage pour tenter d’amadouer les futurs électeurs, sauf que dans certains cas, il est des turpitudes qui commencent à inquiéter.

Le cas du président de la FJKM qui continue d’alimenter les débats est à ce titre significatif. Vérité, part de vérité ou pure diffamation, chacun est libre de sa pensée. D’autant qu’après les réactions des uns et les positions des autres, l’intrusion de la politique dans cette affaire risque d’envenimer encore plus la situation.

Vu la place qu’occupe la religion à Madagascar, les débats « politiques », du moins en coulisse, risquent encore d’être concentrés sur la « rivalité » entre le catholicisme et le protestantisme. On se croirait à la veille de la crise de 2009. A qui la faute ? Personne ne veut porter cette lourde responsabilité. Il est cependant des faits qu’on ne peut nier ; c’est que le pays ne fait que du surplace, en dépit de slogans mis en avant lors de la révolution dite orange. Au contraire, le recul est tel que c’est chacun pour soi et la pauvreté pour tous.

Et comme l’arbitre pourra lui aussi se jeter à corps perdu dans la bataille, tous les coups seront permis. D’ailleurs, à propos de coups, il semble que cela ait déjà commencé, ou du moins c’est ce que certains ont bien voulu faire croire, pour se défendre ou non, avec l’affaire du pasteur de l’église reformée. Un ancien chef de l’Etat, proche du premier concerné, n’a d’ailleurs pas hésité à pointer du doigt un camp comme responsable de la divulgation de cette affaire. En somme, celle-ci est en train de prendre une tournure inquiétante. Tout comme l’implication subite des politiques dans la précarité dans le Sud, les actions des acteurs politiques se tournent déjà vers 2018, tout en oubliant au passage qu’il est des urgences à régler présentement.

Haja Ramasindray

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