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Reflet de la semaine : Virus Zika le plan stratégique du RSI opérationnel

Reflet de la semaine :  Virus Zika le plan stratégique du RSI opérationnel

L’épidémie du Zika a fait parler d’elle depuis le début de cette année au Brésil et récemment dans deux pays d’Afrique où les femmes enceintes sont les plus exposées aux risques de contamination. Présent dans 21 des 55 pays du continent américain, le virus n’atteint pas encore Madagascar. Toutefois, la Direction de la veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique (DVSSE) est à pied d’œuvre pour renforcer la prévention de la transmission du virus à Madagascar.

Urgence mondiale de santé publique

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) informe que le virus Zika est actuellement présent dans 48 pays et territoires, et que deux pays d’Afrique sont atteints, à savoir le Cap-Vert et le Gabon. L’OMS souligne qu’il est nécessaire que tous les pays se préparent et se concentrent sur la prévention, en agissant pour réduire les populations de moustiques en vue de limiter les infections.

Par conséquent, l’épidémie de virus Zika a été décrétée «Urgence mondiale de santé publique» par l’OMS, compte tenu de sa rapide propagation et de son impact sur la santé publique en Amérique latine et dans les Caraïbes. Et ce suite à la réunion du Comité d’urgence du règlement sanitaire international (RSI 2005) concernant le virus Zika et la recrudescence observée des troubles neurologiques et des malformations néonatales.

Face à l’ampleur de la situation, le Comité a émis son avis en déclarant que le groupe récent de cas de microcéphalie et d’autres troubles neurologiques signalés au Brésil, faisant suite à un regroupement similaire de cas en Polynésie française en 2014, constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Conformément au RSI 2005, sur la base de cet avis, le Directeur général de l’OMS a déclaré, le 1er février dernier qu’il s’agissait d’une urgence mondiale de santé publique nécessitant de gérer les groupes de cas de microcéphalie et troubles neurologiques, ainsi que leur lien éventuel avec le virus Zika.

Le 23 février dernier  à Genève, le porte-parole de l’OMS  a annoncé que quatre notes sur le virus Zika seront bientôt publiées. La première concerne la gestion de la grossesse dans le contexte de la maladie au virus Zika.  La deuxième a trait au soutien psychosocial des femmes enceintes et de leurs familles, lié à la détection de la microcéphalie et d’autres complications neurologiques liées à l’infection par le virus Zika. Une troisième note concerne la Déclaration de consensus provisoire sur l’évaluation de microcéphalie dans le contexte de l’infection par le virus. Et enfin, une quatrième note est relative à la Déclaration de consensus provisoire sur l’évaluation du syndrome de Guillain-Barré dans le contexte de l’infection par le virus Zika.

Dr Maherison Ratsitorahana  « Vaut mieux prévenir que guérir »

Le virus Zika constitue une menace potentielle pour les femmes enceintes, en ce sens qu’il provoque des malformations du fœtus. Plus de précisions avec le docteur Maherison Ratsitorahana de la Direction de la veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique (DVSSE).

*Les Nouvelles : Quelles seront les mesures à préconiser pour la prévention de la maladie ?

-Dr Maherison Ratsitorahana : En se référant aux recommandations de l’OMS, la surveillance de cette infection doit être renforcée, et ce avec la mise au point de nouveaux moyens de diagnostic de l’infection à virus Zika avec l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) pour faciliter la surveillance et les mesures de prévention. Les dispositifs sont en cours de préparation pour renforcer la prévention concernant la désinsectisation des aéronefs et bateaux dans les ports et aéroports de la Grande île. Tout cela sans oublier le contrôle sanitaire systématique des voyageurs entrant à Madagascar, surtout ceux qui proviennent des pays où une épidémie de Zika sévit. Il faut également veiller à ce que les femmes enceintes aient accès aux informations disponibles pour réduire les risques d’exposition. Le renforcement de la lutte anti-vectorielle n’est pas en reste en mobilisant les populations à assainir leur environnement à travers le débroussaillage et l’élimination des eaux stagnantes pour que les moustiques aedes ne puissent pas se multiplier.

*La Zika en un mot… 

-La Zika n’est pas une nouvelle maladie car elle a été identifiée depuis 1947. Elle fait partie des maladies virales, une maladie due à un virus transmis par les moustiques appartenant à la famille des Culicidae, genre Aedes et portant le nom d’Aedes aegypti. Le virus de la Zika appartient à la famille des Flaviviridae du genre Flavivirus, comme ceux de la dengue et du chikungunya qui ont aussi frappé la Grande île vers les années 2006-2007. Par rapport à l’anophèle qui favorise le paludisme, le moustique aedes pique l’homme seulement vers l’après-midi.

*Comment la maladie se transmet-elle ?

-Lors d’une piqûre, le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l’occasion d’une autre piqûre, se transmettre à une nouvelle personne. Une personne infectée est «contaminante» pour les moustiques au moment où le virus est présent dans son sang, c’est-à-dire pendant la phase de développement de l’infection dans le corps, soit trois à dix jours après la piqûre. La Zika se manifeste par une éruption cutanée avec ou sans fièvre, suivie de fatigue, de douleurs musculaires et articulaires, et de conjonctivite.

*La Zika constitue-t-elle un danger pour la santé humaine ?

-J’espère que vous avez déjà entendu de la microcéphalie et des troubles neurologiques causés par le virus Zika. Les femmes enceintes sont les plus exposées aux risques du virus car le fœtus et les nouveau-nés seraient victimes d’anomalies du développement cérébral, voire de malformation cervicale durant la période épidémique. C’est pourquoi l’OMS a déclaré que la maladie constitue une menace pour la santé publique. Pour le moment, aucun cas de Zika n’a été détecté à Madagascar même si l’épidémie est apparue récemment dans deux pays d’Afrique.

Mise en œuvre RSI

Madagascar n’est pas à l’abri d’éventuelles épidémies pouvant constituer une urgence de santé publique de portée internationale dont le cas de la transmission du virus Zika actuellement. Depuis hier, la Direction de la veille sanitaire et de la surveillance épidémiologique (DVSSE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) organisent conjointement un atelier d’informations et de mise en œuvre du règlement sanitaire international (RSI 2005) à l’hôtel Le Pavé à Antaninarenina.

L’atelier arrive à point nommé pour réviser les textes du RSI 2005, selon les recommandations de l’OMS, un règlement dont la mise en œuvre a été validée par le gouvernement. Selon les explications fournies par le Dr Maherison Ratsitorahana de la DVSSE, l’objectif est de mettre en place un plan stratégique du RSI qui sera opérationnel à l’issue de cet atelier. Pour atteindre cet objectif, le système de surveillance nationale contre les maladies épidémiques risquant de frapper un pays ou menaçant le monde sera mis en place. Les participants vont aussi se pencher sur l’élaboration d’un cadre légal et juridique de l’application du RSI par l’implantation d’un point focal à Madagascar. S’ensuit la création d’un Comité de pilotage auprès du ministère de la Santé et aussi élargi touchant aux autres évènements liés à la santé publique, comme la maladie animale, le danger de l’utilisation des insecticides, les risques liés aux voyages, le transport, les catastrophes naturelles…

C’est la raison pour laquelle l’atelier a été ouvert à des participants issus de divers secteurs concernés par la santé humaine, comme la pêche, l’élevage, l’agriculture, les transports, l’environnement, et certaines entités comme l’Adema, l’Aviation civile de Madagascar, la gendarmerie…

Le réseau Sega de la COI se mobilise

Compte tenu de l’ampleur de l’épidémie de Zika, la Commission de l’océan Indien (COI), à travers son réseau de Surveillance des épidémies et de gestion des alertes (Sega) a organisé une réunion sur le sujet, le 12 février dernier à Mahé-Seychelles. La réunion, qui regroupait les ministères de la Santé des Etats membres de la COI, l’Agence régionale de santé de l’océan Indien (Ars-OI), la Cellule de l’Institut de veille sanitaire de l’océan Indien (Cire-OI), l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM), et l’OMS, a été précédée du Comité de pilotage du projet Veille sanitaire de la COI. Il s’agissait de répondre à un triple enjeu avant l’apparition du virus dans l’Indianocéanie, à savoir la surveillance épidémiologique, les capacités diagnostiques et la préparation à la riposte au sein des Etats membres de la COI.

Sous l’égide de l’Unité de veille sanitaire de la COI, les services sanitaires d’Etat et les instituts de santé membres du réseau Sega ont établi les grandes lignes d’une réponse régionale à apporter dans le cas de l’apparition de l’épidémie de Zika dans la région. Trois principales actions ont été débattues au sein du réseau afin de préparer une riposte régionale efficace et adaptée dont le renforcement de la surveillance épidémiologique afin de détecter en amont les premiers cas de maladie due au virus. Vient ensuite le renforcement des capacités des laboratoires de la région à obtenir des diagnostics plus efficaces et plus rapides. Et enfin, la définition d’un plan de riposte régionale, qui passe par un renforcement de la coordination des acteurs sur le terrain et la mobilisation d’une force d’intervention régionale pour appuyer les pays.

Les activités envisagées pourront être réalisées grâce à l’appui du projet Veille sanitaire de la COI, financé par l’Agence française de développement (AFD).

Page réalisée par Noro Niaina et Mamiherison

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