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L’Instit’

L’Instit’

Majorité bien ordonnée commence par soi-même. Le régime ne l’aura sans doute que trop bien compris et semble avoir mis toutes les chances de son côté pour laver les multiples affronts subis du côté de l’Assemblée nationale où les menaces d’empêchement, de destitution et autres motions de censure n’ont pratiquement pas cessé au cours des derniers 24 mois. Dans cet exercice d’équilibriste, le parti au pouvoir s’est d’abord assuré une majorité quasi-écrasante au sein de la Chambre haute, puis adjugé un bureau permanent exclusivement paré de ses couleurs, ce que vient de confirmer la Haute cour constitutionnelle qui a avalisé la refonte de l’arrêté portant règlement intérieur du Sénat.

Le tour est ainsi joué à ce niveau. Est-ce à dire qu’avec ces événements, on assiste aux prémices d’une stabilité durable au sein d’une institution, laquelle ferait école par rapport aux autres contrairement à ce dont on a l’habitude d’assister depuis quelques années ? Pourquoi pas, puisque les constitutionnalistes s’accordent d’ailleurs à assimiler les Sénateurs aux notions de « sagesse » et d’« expérience ». En attendant donc bien « sagement » la première session ordinaire de l’année et dans cette configuration actuelle de la Chambre haute, on augure d’ores et déjà des débats plats, voire anesthésiques, ainsi que des projets de textes passant comme lettres à la poste…

Le rôle d’antre de la démocratie étant conféré à l’Assemblée nationale, on pourrait se dire que cela n’affectera en rien les débats démocratiques et politiques. En revanche, le Sénat étant considéré par la Constitution elle-même comme l’émanation des Collectivités territoriales décentralisées, ainsi qu’un représentant des organisations économiques et sociales, ses occupants seront attendus au tournant lorsqu’ils auront à s’exprimer sur les sujets qui tiennent particulièrement à cœur à la population et au secteur privé. Particulièrement dans ce contexte où les difficultés sociales s’entassent à même les rues, et que l’ensemble des groupements d’opérateurs s’offusquent de nombreuses décisions jugées contreproductives et antiéconomiques prises par le gouvernement, au point d’avoir décidé de rompre le dialogue public-privé.

Forts de ce statut et dans la mesure où les Sénateurs auront de surcroît le privilège d’être consultés par le gouvernement pour donner leur avis sur les questions économiques, sociales et d’organisation des CTD, auront-ils le courage et la sagesse de dépasser les considérations d’ordre politique pour corriger les errements de l’Exécutif ?

Pour beaucoup, le pays n’a rien appris sur les bancs de l’école de la démocratie. Cela étant, qu’ils aient été élus ou nommés, les locataires de la Chambre haute donneraient déjà une belle leçon d’efficacité s’ils parvenaient à dépasser leurs couleurs politiques d’origine pour s’opposer aux mesures qui risquent de mettre en péril toute la vie socioéconomique nationale.

N.R.

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