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Vérité et vérité

Vérité et vérité

Il y a vérité et vérité. Qui croire et qui ne pas croire. Y-a-t-il kere ou pas dans le Sud? Que s’est-il réellement passé avec le pasteur de la FJKM? Qui fournit les armes aux dahalo? Qui sont derrière l’affaire de bois de rose? Qui sont responsables de la décadence du pays? Autant de questions qui restent finalement sans réponse puisque chacun y va de sa version, de sa vérité. Alors qui croire ?

Dire la vérité n’est pas difficile. Par défaut, il suffit tout simplement d’annoncer ce qui se passe même si à maintes reprises, il ne s’agit qu’un effet d’annonce. D’ailleurs tout le monde le fait. Et dans ce cas, la vérité devient une option. On ne raconte que ce qu’on veut que les autres sachent. Les faits sont réels mais incomplets. Ce qui cause souvent des divergences. Alors si le kere existe ou pas, chacun y a répondu, mais en partie seulement. Alors que plus d’un annonce une situation alarmante tandis qu’un autre voit les choses d’une autre manière et montre des images moins catastrophiques. Et la population s’y perd. En tout cas, le problème est là, sans quoi la concertation de la semaine dernière n’aurait été que perte de temps. Et là encore, les participants devront effectuer un rapport complet de ce qui a été réellement décidé, dans les moindres détails, pour que tout le monde soit mis au courant.

Quoi qu’il en soit, il y en a ceux qui sont plutôt ravi ou se contentent de ce qu’on leur donne. Certains ne voient et n’écoutent que ce qu’ils pensent servir à leur intérêt. Quoi qu’il arrive, ils ont déjà une certaine vision des choses au delà de la réalité. Une vision qu’aucune pensée, aucune preuve et encore moins aucune vérité ne peut changer. On se demande ainsi si dire la vérité est nécessaire ou pas.

Une situation qui arrange certains, c’est-à-dire ces personnes pour qui tout est vérité, même les pires mensonges de ce monde, moyennant échange évidemment. Pendant ce temps, la population semble perdue, volontairement ou pas, et devient dans ce sens vulnérable.

En réalité, personne ne devrait plus s’étonner de quoi que ce soit. Ni de l’absence de réponse sur l’assassinat du colonel Ratsimandrava, 41 ans après les faits, et encore moins de celle des évènements du 7 février bien qu’ils soient encore récents, ni de l’insécurité grandissante, ni des trafics de tout genre. Toute vérité n’est apparemment pas bonne à dire. Chaque fois le même discours se répète, pour l’intérêt de la nation. Et il n’y a que la population qui ne sait pas à quel point elle est chanceuse d’avoir des dirigeants qui se soucient tellement d’elle.

Tahina Navalona

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