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Stratagème incohérent

Stratagème incohérent

A chaque fois que la communauté internationale émet des réserves sur l’art et la manière de gérer le pays, le régime en place s’empresse de véhiculer autrement l’information par crainte que cela aille nuire à son image et risque fort d’handicaper les efforts déjà entrepris. Comme l’un des membres du Sefafi l’a dit, s’opposer au régime ne signifie pas forcément coup d’Etat ou révolution, d’autant que les critiques émanent de l’extérieur. On n’est plus à l’époque de la Transition en mal de reconnaissance internationale pour qu’à chaque fois que les partenaires techniques et financiers ne mâchent pas leurs mots et disent sans complaisance le fond de leur pensée, la République serait forcément au bord de son déclin. C’est juste une question de transparence, de bonne gouvernance, et par-dessus tout de confiance.

Il faut le reconnaître, remonter la pente après des années de dégringolade n’est pas une mince affaire pour Madagascar et les dirigeants en particulier, d’autant que le déblocage du financement des bailleurs de fonds se fait attendre. C’est une réalité qui ne disculpe pas pour autant le régime en place. Alors le fait de s’apitoyer sur son sort en cherchant des excuses ridicules pour se justifier et de pointer du doigt l’esprit frondeur, n’est plus la meilleure attitude à adopter. Chercher querelle aux opérateurs et au groupement des entreprises, qui sont considérés à raison comme le cœur, le poumon et le pilier de l’économie du pays au moment où le dialogue public-privé se présente comme un atout à la relance économique, n’a rien de si prometteur.

En termes de stratagème de communication, il y a mille et une manières de procéder au lieu de chercher à chaque fois une stratégie de fuite dans le dessein de sauver la face. C’est compréhensible d’un côté et inapproprié de l’autre car le fait d’être sur le défensif tout le temps, témoigne d’une grande lacune de communication au niveau de l’Etat. Pire, au lieu de positiver, on a tendance à minimiser et parfois exagérer face aux recommandations pressantes de la Cites, en prenant comme exemple le bois de rose.

Certes, le délai de six mois imposé pour assainir la filière semble court par rapport aux années de gabegie et à la pratique dont la règle est «tout est permis sans être pris». En termes de résultats escomptés, autant dire que c’est rapide sauf que dorénavant les instances internationales vont porter assistance au pays. Un soutien de taille à profiter et surtout un allié de poids à solliciter pour gagner avec beaucoup de mérite, et ce en quelques mois, la bataille rangée du bois de rose. En un mot Madagascar est condamné à réussir alors autant jouer son va-tout et gare aux…

J.R.

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