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Etre leader, c’est aussi trahir

Etre leader, c’est aussi trahir

« A l’image de la classe politique malgache actuelle, les initiateurs de la rencontre d’Ivato estiment qu’en disposant de pouvoir et d’argent, on peut ne pas respecter la loi ». C’est la réaction de l’un des membres du parti Leader fanilo par rapport aux résolutions prises par ses pairs à Ivato. C’est à cela donc que se résume actuellement cette formation politique, aux querelles politiques internes. Depuis quelque temps, en effet, deux groupes se forment au sein de cette formation politique. Une faction est dirigée par l’actuel président de l’Assemblée nationale, soutenue par des élus de cette même formation politique, et une autre conduite par plusieurs membres-fondateurs, et donc la matière grise du parti. Les deux camps tentent, jusqu’ici, de miser sur la communication en prenant les citoyens à témoin. Une initiative pathétique dans la mesure où les différends peuvent être réglés au niveau interne.

 Là où le bât blesse, c’est que cette formation politique, née au lendemain de l’introduction du multipartisme dans le pays, figure parmi l’une des plus respectées au niveau national. Et pour cause, à l’inverse d’autres partis, le Leader fanilo s’est singularisé par ses prises de position iconoclastes, ses sorties fracassantes d’un gouvernement lorsque cela n’est pas compatible avec sa ligne de conduite ou la proposition de programmes à travers des débats enrichissants. L’on se souvient du cas de l’achat de l’avion présidentiel Force one II par l’ancien Président  Ravalomanana dont la contestation par le numéro un du Leader fanilo a levé un pan de voile sur la gouvernance du régime de l’époque, de la démission des membres de cette formation du gouvernement d’Albert Zafy ou encore de la signature de la première Charte des partis politiques à Madagascar. Certes, cette dernière n’a pas été respectée  mais au moins un parti politique a le mérite d’être à l’initiative d’une démarche louable au sein d’une classe politique pleine de vautours.

Mais voilà, de l’eau a coulé sous les ponts depuis la disparition de son président-fondateur et la courte transition de son compagnon de route à la tête de cette formation politique n’a en tout cas pas permis à d’autres membres de mesurer l’ampleur de leur responsabilité, à savoir celle de porter haut l’héritage. Ceci étant, l’actuel dirigeant du Leader semble avoir fait sienne la fameuse phrase d’un homme politique français qui disait qu’« Etre leader, c’est avant tout trahir ». Trahir ses mentors pour un quelconque poste de responsabilité, trahir sa famille politique pour s’accrocher à son siège et trahir ses valeurs pour se positionner en faveur d’une éventuelle contrepartie. Certes, la trahison, en politique, c’est vieux comme le monde mais il est des lignes à ne pas franchir. Malheureusement ou heureusement, c’est selon, le Leader fanilo s’y trouve en ce moment.

James Ranary

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