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Le nerf de la guerre, budget opaque

Le nerf de la guerre, budget opaque

En attendant la tenue d’une session extraordinaire à l’Assemblée nationale qui reste pour l’instant renvoyée aux calendes grecques, tout le monde, les politiques, l’opinion publique et même les députés ont les yeux rivés sur le Sénat. Et il y a de quoi alimenter les conversations et s’attendre à des débats houleux. D’ailleurs, à peine assis dans leur fauteuil, les sénateurs commencent déjà à défrayer la chronique.

Même si la majorité est issue du même moule face à une minorité qui peine à se faire entendre, certains sujets divisent déjà les Sénateurs élus et désignés. Une impression de déjà vu du temps où les députés sont montés sur leurs grands chevaux à propos du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, et de leurs salaires ainsi que des avantages en tout genre. A la seule différence que le parti au pouvoir règne en maître à Anosikely tandis qu’à Tsimbazaza, il a été obligé de signer un pacte de responsabilité, une sorte de contrat de non-agressivité afin que les députés frondeurs rongent leur frein.

Plus qu’un stabilisateur, c’est carrément un convertisseur constant de tension à Tsimbazaza. Jusqu’à maintenant, les parlementaires de la Chambre basse se retirent sous leur tente à propos des véhicules 4X4, parmi les sujets favoris à l’origine des différentes menaces de motion de censure et même d’empêchement. Mais nombreux pensent que cette stabilité fragile serait victime de son succès le moment venu, surtout si les députés se sentent mal lotis par rapport aux sénateurs.

Au palais de Verre, les avis sont partagés à propos du nerf de la guerre ou plus précisément les salaires, surtout après l’adoption du règlement intérieur. A ce sujet, même le président du Sénat a dit le fond de sa pensée en avançant qu’il est injuste de payer les membres du bureau permanent en fonction à compter du 9 février et de laisser patienter les simples sénateurs jusqu’au premier mardi du mois de mai. Tout travail mérite salaire et apparemment, aucun sénateur ne veut travailler pour le roi de Prusse.

Honoré Rakotomanana n’a pas même mâché ses mots en soulignant que logiquement la mise en place du bureau permanent doit se faire après l’adoption du règlement intérieur. En d’autres termes, on est en train de mettre la charrue avant les bœufs. A titre de rappel, ce texte propose un président, sept vice-présidents, deux questeurs, deux rapporteurs généraux et un rapporteur adjoint qu’il faut donc rémunérer et avantager en fonction de leur poste. Seulement, la majorité a eu le dernier mot alors que le budget de fonctionnement du Sénat reste opaque. Un sénateur, conscient certes de la difficulté financière de l’Etat, a même interpellé ses pairs en évoquant le terme « austérité ».

Andry Rabeson

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