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Présidence du sénat : ouverture ou calcul politique ?

Présidence du sénat : ouverture ou calcul politique ?

Le Sénat vient d’être installé conformément aux directives de la feuille de route qui a engendré la IVè République. Débutant le processus de sa prise de fonction donc, les membres du Sénat se sont organisés pour se choisir un chef par le biais d’une élection qui a porté le doyen Honoré Rakotomanana à sa tête.

Dans le flou politique

La magie des urnes a une fois encore surpris plus d’un, en faussant tous les pronostics. Autant dire dans un autre sens que le parti présidentiel HVM, partant favori dans la course, a échoué face à cet outsider qui n’aurait jamais atterri au Palais d’Anosikely que par désignation. Aucun des sénateurs n’est capable de fournir une explication plausible aux résultats de leur vote. Des questions se posent tout de même sur l’existence préalable de  deal entre le parti HVM majoritaire représentant le Président de la République et le parti Arema de l’amiral Didier Ratsiraka, ayant mis en orbite le président Honoré Rakotomanana qui devra prendre les rênes du pouvoir en cas de défaillance du Chef de l’Etat.

Décision à risque

L’élection à la majorité absolue du président Honoré Rakotomanana n’a été qu’une suite logique du vote à sens unique mais des observateurs se perdent en analysant la décision du parti HVM de se faire représenter par le poulain d’un autre sérail.

L’initiative n’est qu’une fausse ouverture  procédée avec les alliés naturels du régime dont le parti Arema qui ne s’est jamais opposé ouvertement à ce pouvoir, selon des politiciens. Mais de là à lui donner la chance de succéder légalement au Chef de l’Etat est une décision impensable. La possibilité d’une manigance de l’amiral rouge qui s’est terré durant des mois pour mieux préparer ce coup a été envisagé. Des rumeurs ont circulé depuis quelques temps sur une candidature de l’ancien Président Didier Ratsiraka aux élections de 2018 mais le pouvoir semble négliger l’information.

La conjoncture provoquée actuellement par le parti présidentielle d’avoir poussé un proche de Didier Ratsiraka à la conduite des affaires de l’Etat amène à la conclusion que le HVM préfère de loin passer le flambeau au parti Arema, en cas de force majeure,  qu’aux leaders du parti Tim et moins au Tgv et Mapar. Une alliance sécrète aurait pu aboutir à la présentation de ce candidat unique, par consensus entre l’impénétrable Didier Ratsiraka et Hery Rajaonarimampianina

Des critères de compétence

Le président Honoré Rakotomanana  imprime ses marques à la Chambre haute par des propositions portant sur divers amendements. Une retouche de la Constitution est d’une urgence prioritaire, d’après ce juriste. L’initiative a provoqué des levées de boucliers dans les milieux politiques. Contrairement , Faneva Raholdina, un politologue de la nouvelle génération,  a félicité cette décision, hier, dans une interview exclusive. Cette proposition d’amendement est logique, a-t-il déclaré,  puisque la Constitution actuelle, conçue dans le but d’anéantir uniquement la 3ème République a été élaborée dans la précipitation et mal ficelée. Le code électoral doit aussi être amendé pour asseoir la stabilité politique au pays, a-t-il recommandé. Ce deuxième passage du président Honoré Rakotomanana à la tête du Sénat doit être mis à profit pour rétablir les lacunes juridiques à l’origine des confusions, source de blocage au sein des différentes institutions de l’Etat, selon Faneva Raholdina qui a suggéré la priorisation des compétences par poste au détriment des couleurs politiques pour favoriser le développement de la nation.

La décision du parti majoritaire de présenter ce candidat qualifié d’ouverture découle donc de cette nouvelle méthode d’approche se basant sur le critère compétence dans l’attribution des postes.

Manou

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