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Au nom de… Madagascar !

Au nom de… Madagascar !

Un kidnapping peut cacher une violence. En fait, depuis la très médiatisée affaire Arnaud et Annie à Toamasina, l’insécurité grandissante règne partout dans cette ville du Grand Port de l’Est de Madagascar. La violence  y gagne du terrain. Elle prend une ampleur trop démesurée. Le meurtre odieux d’une jeune femme, littéralement charcutée parle de lui-même. Mais les témoignages des autochtones et les récentes informations rapportées par les journaux vont au-delà de l’entendement.

La tension politique qui prévaut dans la ville portuaire est en partie à l’origine de cette situation désastreuse. Cette tension qui se traduit parfois par la violence, a des impacts négatifs sur l’environnement social. A l’image d’un pays qui a traversé cinq ans de période transitoire et donc d’instabilité politique, qui plus est, devient le théâtre d’un phénomène d’insécurité hors contrôle, Toamasina sombre totalement. Le havre de paix d’autrefois, l’une des destinations touristiques les plus prisées pendant les vacances, est devenu un haut lieu de l’insécurité.

La circulation presque incontrôlée de beaucoup d’argent à Toamasina est un autre facteur à ne pas prendre à la légère. En plus d’être une ville portuaire, donc économique, Toamasina est également le véritable berceau d’une population multiraciale et d’origines différentes. Un melting-pot. Toamasina est par ailleurs la deuxième province la plus peuplée du pays. Malheureusement, la ville nécessite des dispositifs de sécurité adéquats pour endiguer le mal.

Tout comme Toamasina, le Grand Sud est le théâtre de scènes de violence et d’exactions de toutes sortes. Mais à la différence de l’insécurité grandissante qui y règne, dans la ville portuaire, c’est en plein centre ville, en plein jour que les opérations se déroulent, et peuvent impliquer n’importe quelle personne. La notion de confiance est remise en question. N’importe qui peut être le malfaiteur, et il restera toujours dans les parages tant que son masque n’est pas encore près de tomber. Or, sous les tropiques, dans le Menabe comme dans l’Anosy, le mobile et la principale motivation des dahalo restent le vol de zébus.

L’on ne répétera jamais assez que la situation  à Toamasina est très grave en matière d’insécurité. L’Etat doit de ce fait faire ses preuves pour empêcher que le virus n’infecte tout le système déjà pourri par une pratique politique de bas d’échelle. Il faudra en effet plus qu’une opération Tandroka ou Fahalelamana pour rétablir la situation de sécurité. Un autre grand défi à relever qui demande du concret, pour bénéficier de l’aide des bailleurs de fonds. Au nom de Toamasina et surtout de Madagascar.

Vonjy M.

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