Flash
Préc Suiv

Sacerdoce

Sacerdoce

« Les nominations sont comme les victoires de la musique, il faut attendre le dernier moment pour savoir qui a gagné ». Cette assertion d’un homme politique français sied bien à ce qui se joue actuellement au sein du bureau national du parti présidentiel. Ce dernier tente en effet de garder jalousement le nom de celui ou celle qui présidera à la destinée du nouveau Sénat et qui, par la même occasion, sera le deuxième homme fort du pays. Il en est de même de la composition du bureau permanent. Une intention légitime car le parti, qui est encore jeune en dépit de son poids politique, n’a pas droit à l’erreur. Mais il n’en demeure pas moins que le calcul est déjà fait depuis longtemps et que tout est tracé d’avance. Il ne reste donc plus qu’à valider les choix par les urnes. En attendant, certaines voix tentent de se faire entendre et essayent de montrer qu’il existe encore des choix à faire. Et comme tout peux changer, à un moment ou à un autre, le travail en coulisse fait rage.

C’est aussi le cas avec les membres du gouvernement. Ces jours-ci, il ne se passe une journée sans qu’on n’entende ici et là parler de remaniement. Imaginaire ou non, les acteurs se bousculent en tout cas au portillon pour faire valoir leur soi-disant savoir-faire. Certains n’hésitent pas à faire valoir leur argument ethnique au détriment de leurs capacités techniques, tandis que d’autres brandissent leur fonction régalienne ou autres réseaux parfois inquiétants. L’objectif reste cependant unique : ravir une place dans le gouvernement pour se servir et non pour servir le peuple. Comme le disent souvent les simples citoyens, ce n’est pas tous les jours qu’on devient ministre, il faut donc en profiter au maximum, et ce au risque de dévier de la ligne qui incombe à ses responsabilités. Depuis quelque temps, la fonction d’un membre de l’Exécutif est d’ailleurs une carte blanche à toute sorte de dérive, du moins pour certains, qui n’hésitent pas à user de leurs prérogatives lorsque l’occasion se présente.

Ceci étant, s’il est toujours légitime de se porter volontaire à occuper des postes importants dans la gestion des affaires nationales, il est aussi louable de vouloir apporter sa contribution à la fondation d’une véritable nation. Et même s’il est regrettable de constater que des personnalités s’occupent de leurs intérêts plutôt que de ceux des citoyens, il faut reconnaître qu’une partie, aussi infime soit-elle, des acteurs politiques lancent un clin d’œil à leurs concitoyens, de temps à autre. A partir d’aujourd’hui, le Sénat est opérationnel, et un long chemin a dû être parcouru par certains pout y parvenir. Bureau permanent ou non, pro-régime ou non, l’essentiel est d’accomplir sa mission en toute légalité et avec l’onction populaire. Le temps n’est plus aux palabres car on sera attendu au tournant.

Haja Ramasindray

Les commentaires sont fermées.