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Commémoration du 7 février : les 7 ans encore en ordre dispersé

Commémoration  du 7 février : les 7 ans encore en ordre dispersé

La commémoration du 7 février s’est déroulée sans anicroche hier à Ambohitsorohitra, malgré les rumeurs sur l’éventualité d’un affrontement. Les forces de l’ordre étaient aux aguets pour sécuriser une série de commémorations en ordre dispersé.

Très tôt dans la matinée du dimanche, les coins stratégiques aux alentours de la Capitale et surtout  du palais d’Ambohitsorohitra ont été quadrillés par les forces de l’ordre. Et pour cause, le rendez-vous des victimes du 7 février à l’occasion de la commémoration du samedi rouge devait s’y tenir.

Lors d’une conférence de presse tenue le week-end dernier à Ankadilalana, le préfet de police, Robert Randriamanjarisoa a fait savoir que le palais d’Etat d’Ambohitsorohitra est une zone rouge. «C’est un coin stratégique. Aucune manifestation ne sera autorisée sur cette place aujourd’hui, demain ou dans les jours à venir. Le dépôt de gerbes en marge de la commémoration du 7 février est une exception». Malgré cette annonce, il a été difficile pour les responsables d’interdire manu militari le souhait de plus d’un de commémorer cet événement.

Ainsi, afin d’éviter les bavures et d’éventuelles troubles, le dépôt de gerbes sous toutes ses formes a été conditionnée par la préfecture de police et les forces de l’ordre. En effet, seuls les manifestants désignés sont autorisés à accéder sur les lieux. Du coup, les associations ont été contraintes à réduire leur nombre à une vingtaine de personnes.

Commémoration en ordre dispersée

En tout cas, l’Emmo Reg n’a pas fait beaucoup d’effort pour maîtriser la situation car les manifestants bien qu’ils aient été nombreux, se son présentés à Ambohitsorohitra en ordre dispersée.

C’est l’association des victimes du 7 février (Av7) dirigée par Bona Jean-Pierre Razafimandimby  qui a donc ouvert le bal du dépôt de gerbes à Ambohitsorohitra. Une façon pour cette frange modérée de l’Av7 acquise à la cause du pouvoir actuel d’éviter un face-à face avec les autres factions de l’Av7, partisans de l’ancien président de la transition. A noter que l’année dernière, les deux camps ont failli en venir aux mains. Se considérant comme étant les «réelles» victimes du 7 février, les parties respectives se sont lancé des vannes se qualifiant réciproquement de traîtres.

Hier, le team de Bona Jean-Pierre a réitéré sa volonté de redresser le pays. «Nous ne voulons plus être les victimes d’un conflit entre les politiciens. Nous ne voulons plus être des instruments pour accéder au pouvoir. Nous ne voulons plus revenir sur le passé, nous nous battrons désormais pour sortir le pays de la crise. Et la seule voie pour y arriver est la réconciliation nationale», selon l’actuel président de l’Av7, Bona Jean-Pierre Razafimandimby.

Le HVM, l’Av7 et le Mapar dirigé par Christine Razanamahasoa, l’ancien premier ministre de la transition Monja Roindefo,  l’équipe dirigée par Alain Ramaroson  et Rossy ont respectivement rendu hommage aux victimes à Ambohitsorohitra.

Quid des responsables ?

Sept ans après le carnage à Ambohitsorohitra, les auteurs n’ont pas encore été identifiés. Malgré les révélations du colonel Charles Andrianasoavina, les seules personnes jugées responsables et ayant écopé de sanctions sont les proches de l’ancien président Marc Ravalomanana. Condamné par contumace, ce dernier à demander à ce qu’on ouvre une enquête afin de déterminer les vrais responsables. «Je n’ai aucunement donné l’ordre de tirer sur les manifestants. La vérité sur ce 7 février finira un jour par éclater», a fait savoir Ravalomanana à Imerinkasinina.

«Si Ravalomanana est aussi clean qu’il le dit, qu’il vienne nous le dire en face. Mais nous persistons à dire qu’il est principal auteur de cette tuerie. Pour avoir notre pardon, qu’il le demande au peuple et en direct», a rétorqué l’ancien président de l’Av7, Emile Randriamahefarisoa.

Nadia

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