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Reflet de la quotidienneté – Parking de Tana : les nouvelles modalités de gestion en vigueur

Reflet de la quotidienneté – Parking de Tana : les nouvelles modalités de gestion en vigueur

Après plus de deux mois de sensibilisation à l’endroit du public, la nouvelle gestion des parkings dans la ville des Mille est effective depuis lundi dernier. Les avis des usagers sur les modalités de gestion en vigueur divergent. Les uns félicitent cette initiative, qui permet de mettre fin aux gabegies qui règnent depuis des années dans ce domaine. D’autres se plaignent par rapport au tarif prohibitif de stationnement, fixé à 500 ariary par heure, qu’ils jugent non conforme au pouvoir d’achat de la population. Sans parler du mécontentement des anciens détenteurs de droits de parking privé, qui viennent d’être supprimés par la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA).

La phase-pilote relative à la mise en œuvre des nouvelles modalités régissant la gestion des parkings dans la capitale, menée dans le cadre d’un partenariat public-privé (3P), entre la CUA et la société Easy park, est actuellement sur la bonne voie. Durant celle-ci, seuls les parkings sis dans des zones-pilotes, à savoir Analakely, Antsahavola, Tsaralalàna, Ambatomena et Antaninarenina, sont concernés par les nouvelles mesures, soit près de 1.200 places. Dans ces endroits, le tarif du parking est désormais de 500 ariary par heure depuis le 1er février dernier.

Quatre jours après le lancement officiel de la phase-pilote de ce projet, qui durera six mois, on constate que les usagers font du mieux qu’ils peuvent pour respecter la législation en vigueur. Toutefois, certains automobilistes, qui n’étaient pas encore informés du nouveau mécanisme, ont reçu de la part des agents de la Police municipale, la quittance pour payer les amendes correspondant au type d’infraction qu’ils ont commise.

«Le paiement de ces amendes n’est encore effectif qu’à partir du mois de mars. Ainsi, les quittances délivrées jusqu’à cette date ont uniquement pour objectif d’éduquer les usagers et les aider à mieux comprendre les nouvelles modalités régissant les aires de stationnement dans la capitale», a expliqué le responsable du personnel d’Easy park, Manitraritiana Rakotoson, lors d’une interview. Près d’une vingtaine d’automobilistes ayant reçu une telle pièce administrative, sont venus dans la matinée d’hier auprès d’Easy Park pour demander de plus amples explications. Selon notre source, «Les portes de cette société gérante des parkings dans la capitale restent ouvertes à ceux qui veulent obtenir des informations supplémentaires sur ce sujet  durant la phase éducation de la population, qui durera jusqu’au mois de mars».

L’application de ces nouvelles mesures de gestion de parking dans la capitale s’appuie sur l’utilisation d’outils de technologie de pointe, dont les horodateurs, installés dans les zones-pilotes, les coupons infalsifiables et la téléphonie mobile.

Fahranarison

Extension aux six arrondissements de la capitale

D’après le responsable du personnel d’Easy park, Manitraritiana Rakotoson, «le projet d’amélioration de la gestion des parkings dans le centre-ville d’Antananarivo va s’étendre aux six arrondissements de la capitale après cette phase-pilote, qui durera jusqu’au mois d’août prochain». La mise en place de 80 autres horodateurs, qui porteront le nombre de ces appareils dans la capitale à 120, dans les endroits cibles du projet est prévue pour le concrétiser.

Avec un tel projet, Easy park créera des emplois supplémentaires au profit de la population. Actuellement près de 120 personnes travaillent au sein de cette société durant la phase-pilote du projet. L’effectif du personnel sera porté à plus de 600 durant la phase d’extension du projet. «Pour prévenir les éventuels risques de corruption, entre les usagers et les agents de contrôle sur terrain, la société gérante compte mettre en place des caméras de surveillance par zone de parking», conclut notre source. Un défi qui demande beaucoup de moyens et donc d’importants d’investissements. Raison pour laquelle une révision à la hausse du tarif de lancement actuel du droit de parking de 500 ariary l’heure n’est pas à écarter.

Des amendes de 12.000 à 130.000 ariary

Une fois la phase éducation achevée au mois de mars, l’application des sanctions va commencer. Ceux qui enfreignent la législation en vigueur devront payer une amende de 12.000 à 130.000 ariary, en fonction de l’infraction commise.

Faute de paiement du droit de stationnement ou encore pour non-respect des règles régissant les parkings, les usagers doivent payer une amende de 12.000 ariary. Le fait de stationner dans des endroits interdits, dangereux ou dans un emplacement réservé aux taxis est passible d’une amende de 35.000 à 130.000 ariary. En fait, les taxis disposent de leur propre parking, dont les droits mensuels sont à payer auprès de la CUA. Les taximen ne devraient payer le montant de 500 ariary l’heure que s’ils garent leur véhicule dans les aires de stationnement gérées par Easy parc.

«Des agents de la société gérante surveillent les véhicules garés dans les parkings et surtout signalent les stationnements sauvages, jugés comme étant sources d’embouteillage en ville. Les infractions sont enregistrées dans l’horodateur et si elles se répètent trois fois, ils mettront des taquets d’arrêt aux véhicules. Ceux-ci ne seront enlevés que lorsque le propriétaire aura payé l’amende», a indiqué le responsable du personnel d’Easy park, Manitraritiana Rakotoson.

Des sanctions seront également appliquées contre tous ceux qui persistent à maintenir leur parking privé, avec des marquages au sol ou avec des plaques portant la mention «Parking réservé», et même avec des blocs de pierre ou des chaises. Des amendes avec des montants très élevés sont prévues à cet effet.

Grogne des anciens détenteurs de droits de parking privé

Même si la majorité des usagers ne comptent pas s’opposer à cette nouvelle gestion des parkings dans la capitale, les anciens détenteurs de droits de parking privé n’apprécient pas les mesures annoncées récemment par la CUA pour accompagner sa mise en œuvre, notamment la suppression de tous les parkings réservés à Antananarivo. Nombreux jugent cette décision d’abusive. De nombreuses requêtes s’y rapportant sont reçues chaque jour auprès d’Easy park mais comme le problème dépasse la compétence de la société, les responsables n’ont d’autre option que de référer les requérants auprès de la CUA. Selon la CUA, «cette mesure a été prise pour mettre tous les usagers sur le même pied d’égalité».

Avec une telle mesure, tous les propriétaires de véhicule, même en stationnant dans les anciennes places de parking réservé, doivent payer le droit de parking conformément à sa durée de stationnement. Les employés des sociétés ayant leur siège à Analakely et ses environs et ne disposant pas de leur propre parking se sentent également lésés par cette nouvelle gestion des parkings. En  se référant au tarif de parking par heure, ils risquent de payer chaque jour jusqu’à 8 voire 10 heures de droit de parking. Heureusement pour eux, ils pourront toujours se rabattre sur l’offre en abonnement annuel de 750.000 ariary par an, soit 62.500 ariary par mois. Il y a aussi les «Pass journée», pour les véhicules qui stationnent pour des conventions, des séminaires, dont le tarif sera de 7.000 ariary par jour.

La vente de coupone en bonne voie

Selon le témoignage d’un vendeur de coupons de stationnement, officiant du côté de la BNI Andohan’Analakely, il écoule au moins une cinquantaine de coupons dans la journée. En effet, le paiement des droits de parking peut aussi se faire par coupon. La durée de validité d’un coupon est d’une heure et vaut ainsi 500 ariary. L’usager peut utiliser plusieurs coupons. Il lui suffit d’en afficher plusieurs à la fois derrière le pare-brise, selon ses besoins. «J’opte pour ce genre de paiement manuel car je n’ai aucunement confiance en ces appareils modernes», a indiqué hier un usager.

Mis à part le coupon, l’utilisation d’une carte prépayée, par le biais d’un horodateur, est aussi possible pour le paiement des droits de parking. Une fois la carte introduite, on choisit sur l’appareil la durée du stationnement. En contrepartie, l’horodateur délivre le ticket correspondant.

L’utilisation des comptes mobiles fait aussi partie des modes de paiement des droits de parking. Cependant, comme aucun ticket ni coupon ne sont délivrés dans ce cas-là, la vérification se fait par la transmission d’un code. C’est le responsable du parking qui se charge de la vérification de ce code, si l’usager a bien effectué un paiement par mobile ou non, ainsi que de la durée correspondante. Il convient toutefois de noter que ce mode de paiement ne sera opérationnel qu’au mois de mars prochain.

Une opportunité d’emploi

De source auprès d’une responsable de gestion d’« Easy park », la rénovation des espaces de stationnement dans le centre-ville d’Antananarivo offre une opportunité d’emploi pour une centaine de personnes, voire davantage. Ces nouvelles recrues auront la charge, non seulement de surveiller et garder les voitures garées dans les parkings, mais aussi de s’assurer en même temps de la propreté des lieux. Elles seront également tenues de signaler les stationnements irréguliers qui sont sources d’encombrement dans les parkings, mais aussi d’embouteillages. Ces irrégularités seront enregistrées dans l’horodateur et le contrevenant sera soumis à une amende. La voiture ne peut quitter le parking tant que son propriétaire ne s’est pas acquitté de l’amende.

Ainsi, plusieurs équipes seront formées, dont les rôles et tâches seront bien définis, dans la gestion de ce nouveau mode de stationnement dans la capitale. Plus de 2 000 places sont recensées dans ce nouveau système de parking. L’avenue de l’Indépendance, l’esplanade d’Analakely, Antaninarenina, Tsaralalana et Antsahavola sont parmi les endroits ciblés.

Une des premières conséquences de la mise en œuvre de ce nouveau système est la présence de nombreux parkings libres. La suppression des parkings privés, le stationnement à 500 ariary l’heure, ainsi que le montant des amendes à payer à la moindre infraction y sont sûrement pour quelque chose, sinon pour beaucoup. «En tout cas, je préfère cette situation à celle d’auparavant. La sécurité est de mise avec la présence de tous ces employés, sans parler de la propreté des lieux», a confié un usager.

Fahranarison / Sera R.

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