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L’anarchie

L’anarchie

A première vue, la guerre intestine des députés au sein de l’Assemblée nationale n’étonne plus. Pour la énième fois, les parlementaires brillent à travers leurs linges sales. Depuis que les élus ont eu l’audace de destituer le Chef de l’Etat, il n’y a plus de doute qu’ils peuvent s’en prendre à n’importe qui, s’agissant de leur intérêt. Il n’y a pas de chance pour les membres du bureau permanent. Ils sont… de nouveau sur la sellette.

L’absence, voire l’inexistence d’une majorité parlementaire absolue au niveau de la Chambre basse est en partie à l’origine de ce vent iconoclaste de déstabilisation qui secoue sans cesse cette institution. Ce n’est la faute ni aux députés, ni aux partis politiques dont ils sont issus. Le problème relève surtout de la pratique politique, de l’organisation de la vie de parti dans le pays. Parce qu’a priori, c’est toujours le bazar dans ce domaine. Notamment pour un pays sur le point de sortir de la crise comme le nôtre.

L’image que donne actuellement le Leader Fanilo dans sa vie politique intérieure est plus que révélatrice du malaise qui mine l’environnement où se trouvent actuellement les politiques. Le pingpong entre le bureau permanent et le conseil d’orientation du parti est manifeste. Les deux camps s’annulent. Qui a pourtant tort et qui a raison ? L’énigme est telle qu’il est difficile d’en trouver la solution. Même Herizo Razafimahaleo aurait eu du mal à trancher sur ce véritable casse-tête au sein du parti s’il était encore vivant.

Tous les grands partis sont pourtant passés par des scissions à Madagascar. Même le Mapar d’Andry Rajoelina, l’homme fort de la défunte Transition, une plateforme que d’aucuns croyaient inébranlable, après la Transition, en a  déjà fait les frais. Même les Ratsirakistes et les Ravalomananistes n’ont pas pu résister à la tentation et ont périclité petit à petit. L’on reproche aux  politiciens leur fréquent retournement de veste. L’on critique en effet leur manque d’éthique et d’idéologie. Tout revient pourtant à l’absence, ou à l’inexistence de règle dans ce jeu.

Tous savent pourtant que l’anarchie peut régner à tout moment et éternellement lorsque les règles font défaut ou ne sont pas adéquates à la situation existante. Ainsi, le chaos risque de planer en permanence sur les politiques au sein du parti comme à l’Hémicycle. Le bazar peut occasionner les malentendus entre les membres du gouvernement et peut aller jusqu’au divorce à un certain point de sensibilité. En somme, la politique c’est… l’anarchie.

Vonjy M.

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