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L’affaire Omda a fait d’une pierre deux coups ? : Brigitte Rasamoelina affectée, Haja Ranjarivo limogé

L’affaire Omda a fait d’une pierre deux coups ? : Brigitte Rasamoelina affectée, Haja Ranjarivo limogé

Brigitte Rasamoelina, la ministre de la Culture et de l’artisanat, est affectée au Sénat, synonyme de son départ à la tête de ce département ministériel. Cette présidente du parti Ampela manao politika,  a surtout été l’objet de nombreuses critiques virulentes, pendant les 12 mois qu’elle a dirigé ce ministère. Son manque d’entente avec les artistes aurait été à l’origine de ses innombrables  confrontations avec  ces derniers. L’affaire Omda en faisait partie et aurait causé sa « mutation».

Au lendemain de la nomination de Brigitte Rasamoelina à la tête du ministère de la Culture et de l’artisanat, la polémique fusait déjà. Le fait qu’elle n’avait le moindre lien avec l’art, ni avec la culture, posait problème. Pourtant, pour elle,  «On n’est pas obligé d’être médecin pour être ministre de la Santé, ni d’être issu forcément des rangs des forces armées pour être ministre de la Défense (…) J’estime que le poste de ministre est surtout politique et que par conséquent, l’essentiel est d’avoir de la bonne politique pour faire avancer le ministère».

Trésor de William Kid

Comme certains ministres n’ayant pas les compétences  ou d’expériences probantes en matière de gestion de son département, Brigitte Rasamoelina avait pensé «avoir une bonne équipe derrière» elle. Elle espérait également «l’adhésion de tous les opérateurs culturels, artistiques et artisanaux» pour faire avancer le navire. Confiante, la politicienne misait surtout sur la solidarité en récitant  le célèbre proverbe malgache, «Ny akanga maro tsy vakin’amboa» qui signifie littéralement, aucun chien ne peut perturber un groupe de pintades.

Pour l’ancienne maire d’Ambohimalaza, l’union fait la force. Mais cette union n’existait pas, du moins pour son cas.  Brigitte Rasamoelina n’avait même pas bénéficié de la solidarité des dirigeants, notamment dans l’affaire d’exploitation illicite du patrimoine sous-marin de Sainte-Marie, en mai 2015. La ministre de la Culture avait beau crier l’interdiction de cette exploitation sous couvert d’une production d’un film documentaire sur les épaves de Nosy Borah et sur le trésor caché du fameux pirate William Kid. Mais c’est le Président de la République en personne qui l’humilie en soulevant de ses propres mains le «trésor» que les chercheurs avaient découvert dans le fond marin de Sainte Marie. Ce, devant les caméras de nombreuses télévisions étrangères pour la promotion.  La crédibilité de la ministre était déjà remise en question certes, mais l’affaire a très vite été étouffée qu’on l’oublie désormais actuellement.

L’affaire Omda

Mais en novembre 2015, l’affaire Omda a éclaté.  Brigitte Rasamoelina s’était attirée une fois de plus des problèmes en limogeant le directeur de l’Office malgache des droits d’auteurs, Haja Ranjarivo, lui aussi a quand même occupé ce poste pendant plus de vingt ans. «Nul n’est irremplaçable», dit-on et la ministre a nommé une jeune femme originaire de sa ville natale, d’Ambohimalaza, à la tête de cette direction. Pour beaucoup, c’est du népotisme gratuit. «La personne que je viens de nommer n’a aucun lien de parenté avec moi ni avec mon époux ! Vous pouvez vérifier ! Mais je la connais quand même  par son sérieux, ses expériences en termes de gestion d’entreprise et son diplôme», expliquait-elle, avant de lancer que «L’Omda n’est pas une entreprise de copains».

Officiellement, le ministère a indiqué qu’il y avait eu un détournement de fonds grave dans cette direction rattachée au ministère. Haja Ranjarviro n’aurait pas pu fournir à temps les dossiers concernant les finances de son département et le voilà alors limogé, et  a fait l’objet d’une enquête qui a failli le jeter sous les barreaux.  Mais des centaines d’artistes, membres de  la société d’auteurs malgaches,  la plupart des membres du syndicat des artistes musiciens de Madagascar et bon nombre des membres du Conseil d’administration de l’Omda, s’opposaient à ce limogeage et contre-attaquaient  le numéro un de la Culture.

L’équipe adverse accusait celle de Brigitte Rasamoelina de masquer la vérité, car à l’origine de cette affaire que les médias s’en emparaient très vite, il y aurait un détournement de fonds effectué par un responsable de l’Omda en province, plus précisément à Toamasina. Haja Ranjarivo, le Conseil d’administration de la société d’auteurs et les membres du syndicat des artistes auraient demandé à ce que ce responsable démissionne et rembourse la somme qu’il a détournée. Pourtant, c’était Haja Ranjarivo qui va subir les coups de l’Epée de Damoclès.

Fin de l’épisode

La tension montait d’un cran. Des rencontres entre les deux parties ont eu lieu  mais à l’improviste. La guerre médiatique battait son plein. Brigitte Rasamoelina continuait dans sa voie. La partie adverse suit également son bonhomme de chemin. Dans une interview accordée à un quotidien de la place, la ministre critiquait certains artistes de vouloir défendre «avec force, voire fanatisme» le directeur de la société d’auteurs. Les artistes, solidement soutenus par certains membres du conseil d’Administration, ont fini par demander le départ de Brigitte Rasamoelina. «Elle n’en a rien à faire dans ce département», lançait Ndriana Ramamonjy. Lego parodiait sa propre chanson «Birizity» pour crier devant le micro le départ de Brigitte Rasamoelina. L’affaire dégénérait.

Il a fallu alors l’intervention du ministre d’Etat, Hery Rakotovao, le président du HVM, le parti au pouvoir, pour résoudre le problème. Le pays a besoin de stabilité qu’il faudra éviter à tout prix que les artistes descendent dans les rues. Enfin, les artistes et le Conseil d’administration auraient été écoutés. Une  solution provisoire a été adoptée pour suspendre la nomination de la nouvelle directrice de l’Omda. Un comité de gestion a été mis en place pour faire la lumière sur les éventuels détournements de fonds. Haja Ranjarivo quittera à tout prix l’Omda… Mais, Brigitte Rasamoelina s’en va aussi, à la différence près qu’elle sera recasée. Fin de l’épisode.

Les artistes l’ont remporté ?

Au lendemain de la nomination de Brigitte Rasamoelina au Sénat, le syndicat des artistes musiciens, a organisé, presque à l’improviste la cérémonie de présentation de vœux des artistes. Au Kianjan’ny Kanto, à Mahamasina, les artistes jubilent. Ils sont en fête. Aussi bizarre que cela puisse paraître, certains d’entre eux n’ont pas manqué de se féliciter du départ de la désormais ancienne ministre de la Culture à la tête de ce département. Certains en remercient le pouvoir. Pour d’autres, il était temps qu’on fixe le profil de la personne qui pourrait diriger le ministère de la Culture.

Njakatiana

«Pour ce qui s’est passé, et concernant particulièrement l’affectation de Brigitte Rasamoelina au Sénat, je ne peux me prononcer. Je viens juste de rentrer au pays. Néanmoins, je peux vous dire qu’il était temps qu’on met en place une personne qui connaît bien le domaine de l’art et de la culture à la tête de ce département.  Mais il se peut également que cette personne ne soit pas issue du milieu artistique, proprement dit, mais il a la maîtrise de ce domaine et connaît très bien les problèmes des artistes. Il importe également que le prochain ministre de la Culture n’a pas d’engagement politique qui ne lui permettrait pas de bien accomplir son devoir».

Tsiliva

«Je remercie l’Etat d’avoir pris cette décision. Même si elle soit nommée sénateur ou ailleurs, l’essentiel est qu’elle a quitté le ministère de la Culture. Pour moi, le ministre de la Culture doit connaître très bien son domaine. Ni un médecin, ni un ingénieur en BTP ne peut occuper ce poste. Le ministre par intérim actuel, par exemple est un artiste, car il a été à la tête du groupe Tsivahiny. Ainsi, pour moi, il peut très bien occuper cette fonction. Ce n’est en effet qu’un exemple, on peut trouver d’autres personnes».

Henri Ratsimbazafy

«On ne peut malheureusement rien faire. Oui, sa mutation au Sénat nous convient. Parce qu’il semble qu’elle ne connaît pas très bien le domaine de la culture. Mais, sincèrement, je n’ai pas envie de m’exprimer là-dessus, parce qu’il s’agit d’une affaire politique. J’en ai assez de la politique. Mon souhait est qu’il y ait au moins des techniciens dans l’équipe du prochain ministre de la Culture, car il ne faut pas que la politique prenne le dessus sur l’art et la culture. Mais comme je vous ai déjà dit, je commence à être démotivé dès qu’on parle de politique».

Une réponse à "L’affaire Omda a fait d’une pierre deux coups ? : Brigitte Rasamoelina affectée, Haja Ranjarivo limogé"

  1. Niry  22/05/2016 à 14:08

    Je vois kan même beaucoup de méchanceté et de médisance sur Brigitte Radamoelina car le dossier accusant l’ancien directeur de lOmda est bien authentique et réel seulement il plait a kelkes artistes ki trouvent avec lui leurs intérêts personnels.J’espère seulement ke ces artistes sont satisfaits en ce moment car ils ont forcément à faire à d’autre directeur encore…. Le nouveau ministre n’a pa limogé 1 mais dès dizaines de directeurs . Kan ils affirment ke Brigitte Rasamoelina ne connait rien en la culture en fait c eux ki ignorent ke la culture n’est pa ke les chansons et les chanteurs et honnêtement je pense ke Brigitte a fait son maximum pour rehausser notre culture ( les festivals culturels ,réhabilitions des palais, code de l’artisanat , lois sur le cinéma ,mise en valeur dès peintres, de la langue malagasy ….. Elle avait des tas de projets ki décollaient avec les japonais et les américains….. Pour l,Omda el pensait améliorer la gouvernance pour que tous les artistes jouissent évitable ment de leurs droits….. En fait c les artistes ki politisent Omda, voyez que ceux à la tête des revendications ont bel et bien des couleurs politiques

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