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Mise en place terminée !

Mise en place terminée !

Sept ans après son succès, sa raison d’être, son utilité puis subitement sa date de péremption, sa mise en « concession », la place de la démocratie, là où tout a commencé, renaît de ses cendres. La démocratie est de nouveau dans la place si l’on en croît la décision de Commune urbaine d’Antananarivo de rendre ses lettres de noblesse à Ambohijatovo. Inaugurée de manière solennelle à l’époque de la Transition, signe que la révolution allait cette fois apporter un air de liberté d’expression, cette place est très vite devenue une zone interdite et à risque pour le régime.

Durant sept longues années, ceux qui se sentent lésés, notamment les opposants farouches et les anciens compagnons de lutte ont à maintes reprises réclamé la réouverture de la place de la démocratie mais en vain. Même les demandes  d’autorisation  en bonne et due forme d’accès libre à l’hémicycle du peuple au sens propre du terme pour exprimer ses idées et opinions vis-à-vis du contexte ont toutes été rejetées. Comme s’il y a un temps pour la démocratie et un autre pour la bâillonner.

Bien évidemment, ceux qui ont enfreint la règle, notamment les adversaires directs susceptibles de semer des troubles et de rallumer la flamme des braises encore chaudes du patriotisme et du changement, ont sur le champ été chassés sans état d’âme. C’est ainsi que sept longues années durant la place de la démocratie a été interdite d’accès jusqu’à ce que le Tim réussit son comme-back dans la capitale, d’ailleurs les quelques opposants à l’équipe de Lalao Ravalomanana ne sont pas contre l’idée de rouvrir la fameuse place.

Ouvre-toi sésame ! C’est trop facile, trop beau pour être vrai en ces temps où la méfiance est de mise à tous les niveaux. Offrir une marge de manœuvre aux esprits frondeurs accroît davantage l’adversité… à deux ans de la présidentielle. Depuis que Lalao Ravalomanana tient les rênes de la Commune urbaine d’Antananarivo, ce qui convient au Tim dans la ville des Mille n’arrange pas au mieux le HVM. Alors n’allez pas espérer que d’un seul coup, sans se douter de quoi que ce soit le parti au pouvoir remettrait à ceux qui en auraient besoin, les clés d’Ambohijatovo au nom de la démocratie. Il ne faut pas rêver et prendre le régime pour une poire.

Comme les territoires des ordures, la reconquête de la  place de la démocratie risque aussi de faire couler beaucoup d’encre. Le préfet de police a déjà émis son avis qui, comme il fallait s’y attendre, manifeste son intention d’envoyer paître la CUA. La délibération des conseillers municipaux est-elle exécutoire de plein droit pour la simple raison que la fermeture d’Ambohijatovo relevait d’une décision municipale ? Toute la question est là, mais l’adjoint général de la préfecture de police est catégorique, l’ouverture annoncée de cette place ne traduit pas d’emblée une liberté de manifester. Loin de là et aucune garantie vu que d’ici 30 jours, le délai imparti par le préfet de police pour étudier cette décision, la mise en place de la démocratie à Ambohijato ne serait qu’illusion.

J.R.

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