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Reflet de la semaine – Affaire kidnapping « Ce n’est pas encore terminé »

Reflet de la semaine – Affaire kidnapping « Ce n’est pas encore terminé »

En pleine expansion, l’industrie du kidnapping a pris ces derniers temps une hausse inquiétante. Qui sont derrière cette entreprise lucrative qui risque de porter atteinte au monde des affaires et ternir l’image du pays?

Ministre de la securite publique : « Ce n’est que partie remise »

S’étant activement investi dans le démantèlement de ce réseau de kidnappeurs pour ne pas dire l’un des artisans de ce coup fumant, l’inspecteur général de police Blaise Richard Randimbisoa, ministre de la Sécurité publique, a précisé que ce n’est que partie remise.

«Nous avons gagné une bataille mais pas la guerre. Nous allons poursuivre les investigations en vue d’éradiquer ce fléau. Comme je le dis souvent, quiconque tombera dans les mailles de notre filet, petits ou gros poissons, ne s’en sortira pas sans un solide alibi. A titre d’exemple, après la mise en détention préventive des dix suspects, nous venons de mettre la main sur trois ou quatre autres suspects», a affirmé le ministre.

Poursuivant ses explications, il a fait savoir que la découverte de quatre fusils d’assaut, 119 cartouches, une grenade offensive et une certaine quantité de poudre lacrymogène sur les suspects à Toamasina laisse entendre que des éléments des forces de l’ordre sont également impliqués dans cette affaire.

«Une demande a été formulée et envoyée à la Direction des matériels techniques de l’armée en vue de connaître l’origine de ces armes. Qui les avaient fournies à ces bandits ? On l’ignore pour le moment mais tôt ou tard, nous finirons par le savoir. A ce moment là, ils vont devoir répondre de leurs actes. Personne n’est sans savoir que parmi les suspects écroués figurent deux policiers. L’un d’eux entretenait des liaisons suspectes avec les ravisseurs. Nous avons arrêté les deux policiers. Il faut dire les choses telles quelles. Un ripou est un ripou. Tout ça pour vous dire que nous ne ferons pas de quartier», a-t-il averti.

Pièces maîtresses du puzzle

Sur ce point, il a précisé que la dénommée Stéphanie ainsi que ses présumés complices sont actuellement dans le collimateur de la police. «Presque dans tous les cas de kidnapping, on entend parler toujours d’eux. Des avis de recherche ont été lancés à leur encontre. Ils constituent de toute évidence les pièces maîtresses de ce puzzle géant. Leur arrestation permettra assurément d’élucider la série de kidnappings de ces derniers temps», a ajouté l’inspecteur général de police Blaise Richard Randimbisoa, tout en annonçant que d’autres surprises peuvent émerger du côté de la Cour suprême qui se charge de l’audition du magistrat incriminé dans cette affaire.

Kidnapping : à qui profite le crime ?

L’industrie du kidnapping est l’une des formes les plus juteuses de la criminalité qui avait prédominé en 2015. Jusqu’à présent, seuls les menus fretins tombent dans les rets des forces de l’ordre. Qui sont derrière cette série d’enlèvements ? Comment fonctionnent leur machine infernale? Ces questions restent sans réponse pour le moment car les donneurs d’ordre ou les têtes pensantes ou encore les commanditaires courent toujours.

L’époque des tristement célèbres Dorick, Lama, Mahandry et Tsong est nettement révolue. Il faut reconnaître que le phénomène de kidnapping est en pleine expansion à Madagascar, notamment dans la capitale et à Toamasina.

Au début, les kidnappeurs s’en sont pris particulièrement aux ressortissants français d’origine karana. Actuellement, ils s’attaquent également aux Chinois et/ou aux nationaux nantis. Comme c’était le cas dernièrement à Toamasina. Pas moins de sept à huit cas «majeurs» ont été recensés par la police et la gendarmerie, rien que pour l’année 2015.

Manque de coopération

Mais il s’avère aussi que le cas de Toamasina et de la capitale fait des émules. Des cas d’enlèvement suivi de demande de rançon ont en effet été signalés dans certaines localités comme Anjozorobe, Ankazobe ou Itaosy. Mais il s’agit plutôt de rapts motivés par la misère qui gangrène le quotidien des villageois ou encore par un soif de vengeance liée à un conflit ou un différend dans une communauté.

Quoi qu’il en soit, l’appât du gain facile reste une tentation forte pour ces partisans du moindre effort.

Par souci de sécurité de l’otage, la famille évite autant que possible une intervention des forces de l’ordre. Cette situation ne profite qu’aux kidnappeurs qui poursuivent impunément leur basse besogne. A la merci des kidnappeurs, les proches d’un otage délient leurs bourses et versent la rançon exigée. Ne voulant pas coopérer avec les forces de l’ordre, certaines communautés étrangères constituent une vache à lait pour les kidnappeurs.

Il se trouve cependant

que lorsque les proches des otages acceptent de coopérer avec les forces de l’ordre, on arrive toujours à un résultat positif. Le démantèlement de la bande à Fredo est un cas qui illustre bien cette situation.

Affaire Arnaud

Un agent pénitentiaire arrêté

L’enquête se poursuit. Selon des sources concordantes, trois personnes dont un agent pénitentiaire viennent d’être arrêtées par les limiers de la Brigade criminelle. Interrogés au sujet de ces trois arrestations, les responsables de la police n’ont voulu donner aucune précision. Par ailleurs, l’on sait que pour des raisons de sécurité et afin d’éviter une éventuelle évasion, les dix suspects déférés avant-hier au parquet ont été placés en détention préventive dans quatre centres carcéraux différents. Deux ont été envoyés à la maison de sûreté d’Ankazobe, trois dont le tristement célèbre Rajaofenoarinaivo dit Lejô à la maison centrale de Miarinarivo, trois autres à la maison de sûreté d’Arivonimamo et les deux derniers à la maison centrale de Tsiroanomandidy.

Alek Owne : 583 jours de captivité

«Cela fait deux Noël de suite que nous n’avons pas revu notre fils. Nous cherchons à connaître la vérité sur le kidnapping de notre enfant et celui de Annie et Arnaud. Nous sommes profondément attristés d’apprendre que Annie nous a quittés pour un monde meilleur, et nos prières sont avec leurs familles qui ont vécu ce que nous endurons depuis le 24 Juin 2014. Que justice se fasse».

C’est ce qu’on peut lire entre autres sur la page facebook de soutien à Alek Owne, 25 ans, enlevé sous les yeux de sa mère et de sa sœur. Comme il est indiqué plus haut, ce jeune Français d’origine karana a été enlevé le 24 juin 2014, devant la porte de sa maison à Ambohijafy Toamasina. Il est donc actuellement à son 583e jour de séquestration. Il s’agit sans nul doute du plus long séjour en captivité d’un otage victime de kidnapping à Madagascar. Les bandits ont réclamé une forte somme d’argent en échange de la libération de l’otage qui est diabétique.

Après avoir longuement négocié avec les ravisseurs, les proches de l’otage ont accepté de verser une partie de la somme exigée. Les bandits ont promis de libérer Alek, une demi-heure après le versement de cette somme mais à la grande déception de la famille, rien n’a été fait. Alek n’a pas donné signe de vie jusqu’à ce jour. La famille ne perd pas pour autant confiance. Elle espère encore revoir Alek. Afin de progresser les recherches, les proches de l’otage ont lancé un message d’appel à soutien sur des panneaux publicitaires, distribué des flyers dans les rues de Toamasina et placardé des affichettes presque partout.

Textes : Mparany

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