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Ça continue toujours

Ça continue toujours

On y revient et on y reviendra toujours lorsque les images de ces exactions, filmées par des professionnels et des amateurs, ayant marqué la journée d’un certain lundi 26 janvier 2009, seront encore diffusées en boucle sur le petit écran. Non, ce n’est pas pour remuer le couteau dans la plaie, parce que cette histoire devrait faire partie du passé et être oubliée en vertu du principe de la réconciliation. Mais il est nécessaire pour le principe de la paix intérieure, qu’on fasse, une bonne fois pour toutes, la lumière sur cette affaire.

Beaucoup plus qu’un triste souvenir, le « lundi noir » a marqué le début du plongement de Madagascar dans un vide qui assombrit jusqu’à nos jours son avenir. C’était le début de la plus profonde crise politique que le pays ait jamais connue, ayant fait sourdre la plus longue période transitoire que la Grande île ait jamais imaginée. C’était également le commencement de la chute vertigineuse de l’économie, avec des milliards d’investissements partis en fumée en un clin d’œil, mais aussi le début de la coupure de nos ponts avec le monde extérieur.

Les nuages de fumées qui planaient dans les cieux d’Antananarivo, à l’époque, pincent encore le cœur aujourd’hui. Les images horrifiantes de magasins vandalisés, d’infrastructures détruites comblent la mémoire de souvenirs très douloureux. Mais ce qui désole encore plus, c’est que dans les reportages réalisés et les films enregistrés le jour fatidique, les auteurs de ces actes  apparaissent nettement, le visage découvert, mais ne sont jamais inquiétés jusqu’à nos jours.

Si Marc Ravalomanana, la soi-disant principale victime de ces exactions – parce que ses entreprises ont été les plus touchées – a décidé de ne pas porter plainte pour des raisons que lui seul connaît, c’est son propre problème. Mais il ne faut pas oublier que les actes commis à l’époque, un peu partout dans la ville, font partie de ce qu’on appelle crime ayant secoué vigoureusement et détruit le pays. Ne pas punir leurs auteurs, du moins ceux qui sont identifiés sur le petit écran au moment de l’action, ne fait que cautionner la perpétration et la perpétuation des crimes dans le pays.

Ces gens-là sont en partie responsables de ce que la génération actuelle endure, car le pays est encore loin d’être sorti de l’auberge. Ce n’est qu’à partir des enquêtes menées sur ces individus qu’on pourra remonter à la source principale, au(x) responsable(s) de ces exactions, les commanditaires, parce qu’on ne peut croire que ces actes se soient produits d’eux-mêmes. Malheureusement et miraculeusement, ni le régime transitoire, ni celui d’aujourd’hui ne s’intéressent  pas à la vérité qui se cache derrière ces crimes. Et cela paraît visiblement louche. La principale question est aujourd’hui de savoir la vérité et de démasquer le(s) vrai(s) responsable(s). Mais apparemment, c’est le talon d’Achille des Malgaches et des autorités. Les affaires très douteuses sont souvent étouffées  pour qu’on les oublie vite, sans qu’on puisse en connaître la vérité. C’est le cas de la mort de Ratsimandrava, de l’incendie de l’Hôtel de ville et du Rova d’Antananarivo, des exactions de 2009… Et ça continue toujours.

Vonjy M.

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