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Du gâchis

Du gâchis

Encore une journée que certains veulent certainement enterrer à jamais et dont d’autres entendent absolument connaître les premiers responsables. Le lundi 26 janvier 2009 restera, en tout cas, sept ans jour pour jour après, comme l’un des temps forts de la crise qui allait secouer le pays presque cinq années durant. Au-delà des pertes matérielles, et bien évidemment humaines, c’est aussi le déficit moral qui allait marquer l’esprit à partir de ce moment-là. Des pillages et des ravages qui ont d’ailleurs secoué le pays car ce n’était pas que dans la capitale. Les six provinces, ainsi que d’autres localités ont aussi été touchées. Le plus malheureux c’est que, tandis que les acteurs concernés se renvoient les responsabilités les principales victimes restent sans réparation. Pire, une partie des acteurs se présentent, avec cynisme, comme des victimes également. Tellement pathétique.

Il semble d’ailleurs que les opérateurs économiques malgaches victimes des pillages et incendies ne sont pas encore dédommagés jusqu’ici. Si certains ont été dédommagés par leurs assurances, d’autres continuent de quémander, sans grande réussite d’ailleurs, auprès des autorités. Les chiffres non officiels indiquent que plus de trois cents opérateurs économiques ont été victimes de cet évènement tragique. Le secteur privé qui constitue à la fois la force et la mamelle de l’économie prenait alors un sérieux coup de frein et, en dépit des assertions officielles quant à un climat propice au démarrage, n’a pu décoller sur une base solide. Sans oublier les emplois perdus du jour au lendemain.

Du temps de la Transition, l’entité censée examiner le dédommagement des victimes de cette journée, à savoir le Conseil pour la réconciliation malgache, n’a d’ailleurs pu rien faire. Ces jours-ci, un collectif d’avocats estime qu’il existe une responsabilité partagée entre les partisans des deux camps qui s’affrontaient à l’époque, ce qui n’est pas faux car comme le disent les Malgaches, «Ny vy tsy mikintrana irery fa ao raha…». Sauf qu’à la lecture de cette journée, même avec du recul, les interrogations s’entassent plus que les réponses. Qui osera rouvrir une enquête sur cette affaire ? Pourrait-on connaître un jour la part de responsabilité de chacun ? Pourrait-on aussi tirer des leçons d’un tel gâchis ? Il n’existe pas mille et une façons d’élucider les tenants et aboutissants de cette affaire tellement la volonté fait totalement défaut aux responsables étatiques et judiciaires, tellement l’implication de certaines hautes personnalités pourrait être mise en évidence. Les cinq années de Transition qui ont suivi cette journée resteront, en tout cas, comme l’un des pires moments du secteur privé malgache, privé de soutien et qui peinait à sortir de l’ornière.

Haja R.

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