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Provisoirement

La Grande île se rapproche de plus en plus de son objectif : la tenue du sommet de la Francophonie. Pour ce qui est de la réalisation des infrastructures à la date prevue, certains ont du mal à cacher leur pessimisme. A dix mois de la tenue du sommet, aucun bâtiment n’est encore en place. Un grand centre de conférence à Ivato et près de trois cent logements à Andohitapenaka, les travaux semblent plutôt colossaux. Mais rien n’est perdu puisque c’est l’Etat lui-même qui a décidé de tout superviser.

Contrairement aux autres travaux qui devraient être entamés à Madagascar, ceux relatifs à la Francophonie semblent être les plus réalisables. En abordant la dernière semaine du mois de janvier, un an après les catastrophes que le pays a

subies, et particulièrement la capitale, aucun changement au niveau des infrastructures, des travaux de réhabilitation, des assainissements, ou de constructions de canaux, n’a été constaté. En ce début d’année, certains craignent déjà les prochaines pluies, se contentant de quelques travaux de curage des évacuations d’eaux. Cela semble toutefois assez logique puisque les réparations reviennent souvent plus chères que la construction.

La population se trouve depuis longtemps déjà piégée. Non seulement par la montée des eaux mais aussi par l’inaction des responsables. Cependant, elle pourrait encore attendre assez longtemps puisque les priorités ne sont pas les mêmes. Le sommet d’abord, le reste après. En ce qui concerne donc l’état des rues de la capitale, il est fort possible qu’elles ne soient réparées que quelques jours avant le sommet de novembre prochain pour éviter qu’elles ne s’abîment avant l’heure.

Depuis longtemps, Madagascar s’est habitué aux projets provisoires puisqu’aucune infrastructure n’a jamais réellement duré. Comme si les dirigeants se sont donné le mot et ont tous opté pour une solution provisoire, du moment qu’ils sont au pouvoir. Pour le reste, c’est à leur successeur de se débrouiller. Du tip-top, comme on a l’habitude de le dire. On attend de voir ce que l’Etat va faire concernant les routes barrées à cause de la montée des eaux ou encore  le pont de Manakara qui s’est affaissé récemment.

Heureusement, nos sénateurs sont enfin là. Chargés de la politique de décentralisation, ces nouveaux parlementaires devraient pouvoir défendre les intérêts des collectivités territoriales, particulièrement sur le plan économique. Ils devraient ainsi jouer un rôle déterminant dans le développement de chaque localité et faire preuve d’assiduité et se tenir informés de la vie de la nation. En effet, l’avancée ou non de la politique de décentralisation pourrait être le reflet de leur travail.

Tahina Navalona

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