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Tout est encore noir

Tout est encore noir

Dans quelques jours, Antananarivo en particulier – et Madagascar, en général – se souviendra de l’une des pires journées de son histoire, le « lundi noir » qui a marqué le début de toute une série d’exactions que le pays ne saura jamais réparer dans un avenir proche. Un empire qui commençait à prendre la forme d’une bête monstrueuse s’était effondré, certes, ce jour-là, mais d’autres créatures plus féroces comme l’Hydre de Lerne ont vu le jour depuis.

Le fameux « lundi noir » a poussé le régime de la Transition à se mettre en place, doucement mais sûrement. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts mais en réalité, rien n’a changé.

Le changement recherché, promu et scandé dans les rues, est devenu un vrai cauchemar dans tous les secteurs d’activités. La situation a empiré et les difficultés ont décuplé. La corruption a pris de l’ampleur et la pauvreté s’est répandue comme le virus du

pouvoir qui a infesté tout le monde ou presque.

Depuis, l’on a certes vu défiler de nombreux Premiers ministres et ministres à Mahazoarivo. A l’issue d’innombrables négociations et de longues procédures, le  nouveau Chef de l’Etat a été élu

«démocratiquement» en 2013, pour enfin ramener le pays dans

l’ordre constitutionnel. Une nouvelle Assemblée nationale a vu le jour. De nouveaux maires sont élus à la tête des communes et maintenant, aujourd’hui même, le Sénat viendra grossir les rangs des institutions de la quatrième République. On ne peut oublier la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante et le projet de mise en place d’un Haut conseil pour la réconciliation nationale.

Mais au final, tout cela n’a rien apporté de bon pour le pays et ne promet encore ni un avenir meilleur, ni de l’espoir, ni d’assurance dans le futur. Près de sept ans après le fameux « lundi noir » tout reste encore noir. Le bout du tunnel semble encore très loin. Tout simplement parce que ce que l’on a mis en place ne va pas dans le bon sens qui convienne au pays, non pas dans la forme mais dans le fond. Comme dans les précédents régimes, les institutions et instances politiques qu’on a fondées ne servent qu’au partage de sièges et au placement des connaissances. Et cela va encore continuer dans les prochains jours, avec la nomination des sénateurs par le Président ou encore l’éventuel remaniement gouvernemental.

La vieille politique d’antan ne fait que refaire surface. Seulement, ce sont les dirigeants qui changent mais les pratiques restent les mêmes. Pire encore, certains mauvais acteurs d’autrefois s’emparent des principaux rôles et retrouvent le devant de la scène. Malheureusement, on ne saura jamais jusqu’à quand cette situation pourrait durer.  Peut-être bien que les mauvais souvenirs du « lundi noir » prêteront à réflexion. Peut-être bien que le miracle s’opèrerait un jour, c’est pour cela qu’il ne faut jamais perdre espoir, même si l’espoir fait surtout vivre les imbéciles.

Vonjy M.

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