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Reflet de la semaine – JOCV à Madagascar : les volontaires s’intègrent comme des « diplomates de terrain »

Reflet de la semaine – JOCV à Madagascar : les volontaires s’intègrent comme des « diplomates de terrain »

La reprise du programme des volontaires japonais pour la coopération à l’étranger (JOCV) de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) à Madagascar a été marquée par l’arrivée d’une nouvelle vague de jeunes volontaires en 2015. Ils sont actuellement au total 13 volontaires japonais à être à pied d’œuvre dans les régions Boeny, Vakinankaratra, Itasy et Analamanga pour apporter leur contribution au développement socioéconomique des communautés.

Le bien-être des familles parmi les priorités

A Antsirabe dans les centres de santé de base niveau II (CSB-II) d’Ambalavato et Andranomanelatra, région Vakinankaratra, ou à Mahatsinjo, dans la commune rurale d’Ankadinondry-Sakay, région Bongolava, les volontaires japonais ne ménagent pas leurs efforts pour aider les communautés à améliorer leurs conditions de vie. Ils sont très actifs dans leur site respectif à s’impliquer davantage dans la santé communautaire, un des secteurs de leur intervention incluant la santé mère-enfant, la nutrition, l’hygiène, la santé des jeunes avec une attention particulière sur le VIH/sida.

Au CSB-II d’Ambalavato-Antsirabe, la volontaire japonaise Hayashi Mizuki participe au suivi de la croissance des enfants de moins de cinq ans et de leur état nutritionnel. Elle intervient également dans les 16 fokontany environnants en collaborant avec les agents communautaires. Lors de la dernière édition de la semaine de la santé mère-enfant (SSME), cinq cas d’enfants malnutris ont été identifiés et pris en charge par le CSB-II d’Ambalavato. « Les enfants bénéficient d’un aliment thérapeutique Plumpy Nut durant le traitement tant au CSB qu’à domicile jusqu’à ce que leur état nutritionnel s’améliore », a expliqué le médecin-chef, le Dr Colette Janie Rahanitrinirina. Pour sa part, la volontaire japonaise Hayashi Mizuki accorde plus de temps à la sensibilisation des mères de famille sur l’importance de la diversification alimentaire et de la bonne pratique nutritionnelle avec des aliments riches en valeurs nutritives pour le bien-être de l’enfant.

Quant à Mami Saiki, une autre volontaire japonaise, elle est très fière de partager avec les associations féminines de la commune rurale d’Ankadinondry-Sakay son savoir-faire et ses expériences en art culinaire japonais en misant sur la transformation des produits locaux pour combattre la malnutrition. Une autre volontaire japonaise est dans la commune d’Andranomanelatra, pour contribuer à la résolution du problème d’insuffisance de personnel médical et sa présence motive davantage les mères de famille et les femmes enceintes à fréquenter le CSB-II pour les consultations prénatales (CPN).

L’enseignement de la langue japonaise se développe

Dans chaque site où interviennent les volontaires japonais, les enfants scolarisés commencent à se familiariser avec certains termes et expressions utilisés dans la vie quotidienne japonaise comme «konitchiwa» (bonjour), «saionara» (au revoir) ou encore «arigato» (merci). Dans les établissements scolaires publics et privés de Betafo et Ambatolampy, les élèves dans les classes T6, T7 et T8 apprennent à lire et à écrire le japonais. «Apprendre aux élèves une autre langue que le français et l’anglais est bénéfique pour enrichir leurs connaissances sur la culture de ce pays qu’est le Japon», s’est exprimé le directeur du collège privé Air vert, Eric Rafaralahinandrasana. Les membres du centre de loisirs et d’animation culturelle (Clac) de Betafo ont eu aussi la chance d’apprendre l’art du pliage de papier «origami» et des chansons en langue japonaise.

En fait, l’enseignement de la langue japonaise fait partie de la mission des volontaires japonais inscrite dans le projet d’éducation du programme JOCV à l’instar de la formation des enseignants, la protection de l’environnement et la santé scolaire. «L’objectif du programme est de réussir à promouvoir la langue japonaise afin de raffermir les échanges culturels et la coopération technique contribuant au développement du pays», a expliqué la coordonnatrice Kobaysha. Au département des études anglophones de la Faculté des lettres et sciences humaines (FLSH) de l’Université d’Antananarivo, la présence de la volontaire japonaise motive davantage les étudiants à approfondir leurs études en langue japonaise. De plus, une nouvelle filière anglo-japonaise est actuellement en cours de création en vue de la prochaine rentrée académique et la volontaire Mina Niino contribuera activement à la réalisation de ce projet durant sa mission de deux années auprès de ce département.

Echanges culturels et sportifs avec les jeunes

En tant que jeunes, les volontaires japonais s’investissent aussi dans l’animation à travers l’éducation physique et sportive (EPS). A Betafo, outre l’enseignement de la langue japonaise, le volontaire Shirakata Kota est chargé de cours d’EPS à l’école privée Air Vert et apprend aux jeunes de cette localité les techniques de base du basketball. Pour le cas de Mizuno Yasuharu qui a opté pour l’enseignement du judo au sein de la fédération malgache de la discipline, il s’est beaucoup investi pour apprendre à toutes les catégories de jeunes issus de diverses ligues réparties à travers l’île les techniques et la manière de maîtriser l’art de cette discipline orientale depuis le mois d’octobre 2015 comme à Antananarivo, Antsirabe, Mahajanga ou à Toamasina. «Je ferai de mon mieux pour que ces jeunes soient aptes à se comporter avec un esprit sportif et ressentent le mieux-être dans leur peau pour qu’ils s’épanouissent davantage», a expliqué Mizuno Yashura.

Par ailleurs, l’apprentissage de la langue des communautés d’accueil et une meilleure connaissance de leur fond culturel font partie de la mission des volontaires. Et les échanges culturels créent aussi des liens qui renforcent l’efficience des programmes de coopération.

50 ans au service du développement

Il est important de rappeler que le programme JOCV célèbre cette année ses 50 ans et, depuis sa création en 1965, près de 50.000 volontaires ont été mis à disposition des 88 pays partenaires. Les volontaires sont âgés entre 20 et 39 ans durant les premières années du programme, puis les seniors de 40 à 69 ans viennent intégrer le programme. Une évolution qui montre bien la volonté des citoyens japonais de tous âges à apporter leur contribution dans la coopération internationale au bénéfice des pays en développement.

Depuis le 13 janvier dernier, trois nouveaux volontaires viennent grossir les rangs de leurs pairs en mission à Madagascar. Il s’agit en l’occurrence de Seki Natsuka qui intervient dans le développement des communautés rurales qui vont intervenir au niveau de la direction régionale du développement agricole (DRDA) de Vakinankaratra, de Koriyama Fumi, qui va travailler au sein de la Circonscription scolaire (Cisco) de Mahajanga-I dans le domaine du sport et des activités de la jeunesse, et enfin de Kina Tetsuya, en mission dans le cadre de l’assistance aux personnes handicapées au sein de l’association «Les Orchidées Blanches» à Toamasina.

Concernant Madagascar en particulier, au total 138 volontaires ont participé au développement du pays depuis 2002. Mais le programme d’envoi a été suspendu à cause de la crise de 2009 et n’a repris qu’en 2015. Les volontaires ont suivi des formations et disposent d’expériences diverses

sur bon nombre de domaines dans lesquels ils peuvent servir. Ces compétences sont mises à disposition des pays d’accueil en fonction des besoins identifiés par les pays eux-mêmes.

Pour en revenir au jubilé, le programme JOCV du bureau de la Jica Madagascar ouvrira officiellement la célébration de cet événement, le 19 février prochain au palais des Sports de Mahamasina. La cérémonie sera suivie d’une journée culturelle japonaise et à cette occasion, les volontaires japonais travaillant à Madagascar feront l’objet d’une présentation officielle. Un rendez-vous à ne pas rater pour en connaître davantage sur la culture japonaise.

Liste des volontaires japonais et leur site d’intervention

Vakinankaratra : Kizuka Rieko, Ohira Tsubasa, Shirakata Kota, Katakura Minami, Fujioka Hiromi, Kamiya Mai , Hayashi Mizuki, Watanabe Kei

Boeny : Hashimoto Ayaka, Sakurai Fumi

Sakay : Saiki Mami

Analamanga : Niino Mina, Mizuno Yasuharu

Textes: Noro Niaina – Photos Tiana Rakotomavo

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