Flash
Préc Suiv

Reflet de la semaine – Etat- Commune Urbaine d’Antananarivo : ordures, mauvais état des routes…freins au développement, sources de tension

Reflet de la semaine – Etat- Commune Urbaine d’Antananarivo : ordures, mauvais état des routes…freins au développement, sources de tension

Des axes prioritaires, 32 km en tout seront réhabilités en cette saison des pluies.  En un sens, c’est logique et c’est même très sollicité…même si dans d’autres quartiers, le mauvais état des routes fait maintenant partie du décor.  C’est la saison des nids-de-poule dit-on et des ordures également. Et elle ne prendra pas fin tant que les responsables n’interviennent…parfois assez tardivement tout en se renvoyant la balle. Alors que plus les dégâts sont conséquents, plus les coûts de réhabilitation sont élevés.

Difficile de brûler le pavé

La situation actuelle parle d’elle-même. Entretenir les routes et ramasser les ordures deviennent des sujets à polémique à tel point que cela mérite même une concertation restreinte pour régler les points de discorde. Qui fait quoi, qui sont les vrais responsables, est-ce qu’il y a un problème de financement ? Lequel d’entre eux doit-on blâmer comme étant défaillant. Des fois, en sortant le matin, on est obligé de traverser un champ d’ordures pour aller travailler, puis on se demande, mais qu’est-ce qu’ils attendent vraiment ? En rentrant tard le soir à cause des embouteillages, il faut être très vigilant sur la route. Par la force des choses, certains mémorisent et apprennent même par cœur les routes, notamment les tronçons les plus cassants,  menant chez soi afin de pouvoir rentrer à bon port et sans incident mécanique.

Pour la population et notamment les automobilistes, les factures relatives aux entretiens de leur véhicule sont déjà salées…et c’est toujours ainsi chaque année à la même période. Peut-être que leur seul réconfort cette année est d’entendre qu’une nouvelle baisse des prix à la pompe pourrait avoir lieu.

«Et il ne faut pas se demander pourquoi l’Union européenne constate notre faible performance. Cela paraît anodin, mais le mauvais état des routes même dans une grande ville comme Antananarivo freine le développement. En créant des embouteillages monstres à toute heure, cela nous ralentit énormément.  Et tout cela nous rend moins productifs sans parler des impacts psychologiques, comme le stress et la nervosité. Non seulement, ce n’est pas bon pour la santé, mais également pour l’économie», s’est offusqué un homme dans un taxi-Be, bloqué dans un bouchon.  Au fond, il a entièrement raison. Le temps, c’est de l’argent.

Réduction de la pauvreté

Suite à la faible performance de la Grande île, l’UE vient de geler une partie du 11è Fed, comportant justement un volet de réhabilitation des routes. A noter que depuis le premier Fed, l’UE a toujours priorisé ce point conformément à la politique de l’Etat. Dans le temps, c’était le Madagascar action plan (Map), à l’heure actuelle, on parle de Plan national de développement (PNP), mais dans tous les cas, l’Union européenne a toujours manifesté sa volonté d’aider le pays parce que entretenir les routes et améliorer les réseaux routiers contribuent à la réduction de la pauvreté

A titre de rappel, pour la période 1993-2002, l’Union européenne a alloué 125 millions d’euros aux infrastructures de transports (routes, lignes ferroviaires et aéroports) au cours des années 1993-2002. Et dans le cadre du 9è Fed, cette aide a été revue à la hausse pour se chiffrer à 241 millions d’euros. Quant au 11è Fed, l’Union européenne a prévu d’octroyer 598 millions d’euros à Madagascar. 97 millions d’euros sont déjà engagés pour financer l’appui budgétaire et pour soutenir l’administration publique.

De nouveau à l’affiche, la CUA face à l’Etat

Supposons que le maire de la capitale est issu du parti présidentiel. Sans conteste, la capitale de Madagascar n’aurait pas vécu dans une prairie nauséabonde d’ordures et de voir ses routes se dégrader de jour en jour. Mais ce n’est pas le cas, le Tim se trouve à la tête de la capitale et le HVM aux commandes du pays. L’histoire retiendra qu’une telle configuration n’avait apporté que de foyers de tension et de rupture au point de devenir une autre crise politique à grande échelle.

Il n’y a pas photo, cette adversité politique est du déjà-vu et est toujours à l’origine de diverses tensions, mettant parfois la population entre l’enclume et le marteau. Certains observateurs parlent même de prendre les Tananariviens en otage. Cette bataille politique se livre maintenant dans les tranchés au milieu des ordures ayant comme toile de fond l’état délabré des routes de la ville des Mille. Et ce n’est que le début des «hostilités» car d’autres points de discorde vont certainement se manifester avant 2018.

Normalement, entretenir la route de la capitale revient à la Commune urbaine d’Antananarivo. Et normalement, l’Etat ne doit pas interférer dans ce domaine, mais vu qu’elle ne manifeste aucune réaction sur le sujet, contrairement aux ordures, l’Etat par le biais du ministère des travaux publics vient à la rescousse en utilisant le Fond d’entretien routier (Fer). Pareil pour les ordures, sauf qu’en la matière, la Commune urbaine d’Antananarivo a clairement souligné que si le Service autonome de maintenance de la ville d’Antananarivo (Samva) reste sous l’égide du ministère de l’Eau, de l’hygiène et de l’aménagement, elle ne peut rien faire. L’Etat ne voit pas les choses de cet œil en évoquant que la redevance sur les ordures ménagères gérée par la commune est largement suffisante pour assainir la capitale. En un mot, l’incapacité de la commune à tous les niveaux permet à l’Etat de montrer à la population sa prise de responsabilité. Une fois encore, le régime vient à la rescousse.

Quel compromis ? Aucun pour le moment. Déjà, la CUA a brillé par son absence lors de la rencontre initiée par le premier ministre, Jean Ravelonarivo. Et malgré le fait que ce dernier affiche son optimisme, du côté de l’hôtel de Ville, on encaisse le «coup de poing» sans pour autant s’avouer vaincu. Et comme d’habitude, cette divergence politique finira sa joute dans les urnes.

En route pour le sommet de la Francophonie

C’est bien de rêver  en grand même dans un futur proche…qu’une route aux normes internationales va relier Andohatapenaka, plus précisément le prochain  village de la Francophonie au centre ville. Et ce n’est que la partie d’un tout car d’après le plan, beaucoup d’autres travaux à la hauteur de l’importance du sommet de la Francophonie sont au programme.

Etre le pays hôte d’une conférence internationale est une opportunité inouïe pour construire des nouvelles infrastructures. Il ne reste plus à l’Etat que de donner corps au projet, surtout après avoir obtenu une bonne note de la parte du comité de suivi technique de l’OIF. Comme son nom l’indique, ce dernier  veille au grain. Une troisième visite relative aux préparatifs est déjà au programme et à coup sûr, ce ne sera pas la dernière pour constater de visu l’avancement des préparatifs.

On apporte sur un plateau d’argent le «développement» sauf que pour l’heure, la réalité est tout autre, un contraste déplorable, loin de ce plan bien méticuleusement tracé à l’horizon du sommet de la Francophonie. 32 km de routes à réhabiliter, si le premier responsable, chargé du domaine – cela fait partie de sa juridiction -n’est pas en mesure de s’acquitter de sa tâche, pour diverses raisons, il faut que quelqu’un d’autre le fasse avec ou sans financement extérieur.

Textes : RA / Photos : Tiana

Les commentaires sont fermées.