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Eternel otage

Eternel otage

Qu’est-ce que c’est que ces tentatives de semer le trouble dans la capitale ou plutôt, à quoi cela peut-il rimer ? En réalité, rien ne peut être le fruit du hasard, notamment dans la situation politique actuelle où se trouve Madagascar. La situation est pourtant délicate pour Antananarivo, non seulement pour les administrateurs de la Ville, mais aussi pour le régime à qui la gestion de la Capitale a malheureusement échoué, ou encore pour l’opposition qui se trouve devant une porte doublement cadenassée.

Une chose est sûre, le bras de fer entre le régime et la maire de la CUA bat son plein. Il se manifeste à travers la guerre des ordures ou encore dans les problèmes d’infrastructures routières urbaines. La participation des membres du gouvernement à cette guerre du régime face à la commune, suffit pour juger de l’ampleur de l’enjeu. Le jeu en vaudrait peut-être la chandelle, notamment lorsqu’on espère que la fin justifierait les moyens. Mais rien n’est encore gagné, car la partie d’en face n’a pas encore dit son dernier mot. Elle résiste pour prendre peut-être son élan.

Malheureusement, ce n’est pas l’unique combat que la Commune urbaine d’Antananarivo doit livrer. Elle doit faire face à la grève des marchands de rues. Une situation  anodine qui peut couver du feu sous la cendre, en cas de mauvaise gestion de la situation. Juridiquement parlant, les manifestants n’ont aucune raison de s’opposer à l’assainissement de la ville, les obligeant à abandonner leurs activités illégales. Mais l’éventualité d’une dégénération et d’une récupération politique de la situation peut affaiblir la « grande dame » sur ce glissant échiquier politique.

La guerre intestinale au sein de la Commune urbaine d’Antananarivo en est une autre. D’un côté, il y a l’incompatibilité d’humeurs entre les pro-Ravalomanana et les collaborateurs de Lalao Ravalomanana ; d’un autre, il y a l’opposition qui cherche à se faire valoir dans l’environnement politique national. Comme tout adversaire politique qui se respecte, l’opposition fait front commun pour affaiblir, politiquement parlant, les dirigeants de la commune. Mais la CUA n’est qu’une étape pour cette opposition. L’objectif final, pareil à tous les autres partis, est tout autre.

Dans toute cette situation complexe, celle qui risque de fléchir en premier, ce n’est effectivement pas la « Dame », qui semble malgré tout bien placée pour prévoir les attaques de toutes parts. Il y a surtout la population tananarivienne. Parce que dans tous les cas,  l’échec et mat pour elle, le roi n’y est plus. La population pourrait ainsi rester pour toujours cet éternel otage qui servira de monnaie d’échange entre les politiciens dans leur politique… politicienne.

Vonjy M.

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