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Le pouvoir change de main

Le pouvoir change de main

Les femmes prennent le pouvoir et c’est irrémédiable. Si dans la Grande île l’on continue à glorifier le passé en évoquant le rôle des femmes au pouvoir à l’époque de la royauté, il semble que chez les autres l’avancée est considérable. En effet, en attendant l‘issue des débats dans le camp démocrate sur les présidentielles américaines où l’ancienne secrétaire d’Etat Hillary Clinton part favorite, c’est sur un autre continent que les femmes continuent à s’emparer du pouvoir politique. Depuis le week-end dernier, l’information n’a pas laissé insensibles les analystes politiques, depuis que Taïwan a élu sa première femme présidente en la personne de Tsai Ing-wen. Cette personnalité est issue de l’opposition et a réussi son pari de rassembler une nette majorité sur sa politique. Dans son pays, de par sa détermination, elle est surnommée «la nouvelle Angela Merkel de l’Asie». Un surnom qui n’est pas sans flatter la concernée lorsque l’on sait que l’actuelle chancelière allemande reste une personnalité incontournable aussi bien en Europe que dans son pays.

En tout cas, ce n’est pas la première fois que le continent asiatique, à la fois si loin et si proche de nous, fait figure d’exemple en matière de prise de responsabilité des femmes. Les Philippines, à travers Gloria Arroyo, ont déjà pris les devants. Elle a été la deuxième femme présidente de la République, et ce après avoir gravi un à un les échelons de la responsabilité politique en tant que députée, sous-secrétaire d’Etat au commerce et à l’industrie, sénatrice, vice-présidente de la République ou encore secrétaire d’Etat aux affaires sociales et au développement. Il faut également reconnaître que l’Israélienne Golda Meir et l’Anglaise Margaret Thatcher ont réussi à donner l’exemple.

Signe du temps ou simple coïncidence, auprès de l’Organisation des Nations unies, des actions de lobbying s’intensifient pour faire élire – pour la première dans les annales de l’Organisation – une femme à sa tête. Sur ce point, ce ne sont pas les candidates qui manquent, à l’instar des grosses pointures telles que la Bulgare Irina Bokova (62 ans), directrice de l’Unesco, la Française Christine Lagarde (59 ans), directrice générale du FMI, Dalia Grybauskaite (59 ans) présidente de la Lituanie, Helle Thorning-Schmidt (48 ans), Première ministre danoise, Helen Clark (65 ans), ancienne présidente de Nouvelle-Zélande aujourd’hui administratrice du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), ou encore Michelle Bachelet (63 ans), présidente du Chili. Il faut reconnaître qu’en soixante-dix années d’existence, l’Organisation n’a été dirigée que par des hommes. Ces deniers temps, des voix s’élèvent pour tenter de changer cette donne. Les Nations unies ont jusqu’en décembre, lorsque l’actuel secrétaire général, arrivé en fin de mandat devra céder sa place, pour y remédier.

Jao Patricius

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