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A petit feu

A petit feu

Un jour on est chassé, un autre jour on est privé de nos droits, mais dans les deux cas, on est mal barré. La population se sent de jour en jour menacée par le quotidien à tel point que certains craignent même de fermes les yeux la nuit. Cette nuit où tout peut arriver. On a beau être cambriolé mais le voisin d’en face ne bougera pas le petit doigt pour nous porter secours. La crainte a dépassé le courage du peuple qui a pourtant été l’un de ses points forts autrefois. L’insécurité dans toute l’île est une autre histoire.

Les marchands ambulants refusent de coopérer avec les autorités, une bataille quotidienne qu’ils devront mener pour se faire une petite place sur l’Avenue de l’indépendance et ses alentours. Cela en vaut-il réellement la peine ? Pourquoi refusent-ils de se conformer aux organisations imposées par la commune et rendre leur commerce plus légal ? La fin justifie les moyens mais dans le présent cas, ce serait plutôt la faim.

Avec la suppression des droits de douanes à l’importation, les friperies inonderont bientôt le marché qui notons-le également est déjà dominé par ce commerce. Les petits couturiers et autres confectionneurs craignent pour leurs activités qui sont déjà menacées actuellement. Non seulement les vêtements importés seront moins chers mais aussi plus intéressants. Dans les deux cas, les couturiers devront multiplier les efforts pour faire face à la concurrence. Les artisans malgaches se plaignent de la cherté des matières premières qui ne leur permet pas de réduire le coût de leurs produits. En effet, ces matières premières sont accaparées, selon leurs explications, par les étrangers qui se bousculent également. Ces artisans craignent ainsi que leur petit commerce régresse à cause de la concurrence. Ces lignes ne suffiraient pas à énumérer toutes les exemples mais il faut retenir que dans tous les cas, le peuple a peur pour son avenir, pour sa vie, de telle sorte qu’il ne peut que vivre au jour le jour. Au lieu de s’en remettre aux autorités, ce dernier ne peut compter que sur lui-même. L’état des rues de la capitale en est également un exemple parmi tant d’autres. Le peuple est dans la crainte, à tel point qu’il est en train de s’entretuer à petit feu.

Tahina Navalona

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