Flash
Préc Suiv

La CUA recourt à l’emprunt : les deux Lalatiana ne veulent pas être complices

La CUA recourt à l’emprunt : les deux Lalatiana ne veulent pas être complices

La corde se tend entre la maire de la CUA et les conseillers de l’opposition. Bien que le budget de la commune ait été voté mercredi dernier, des conseillers s’insurgent et envisagent de porter le dossier devant les instances compétentes. Une grosse somme d’argent d’emprunt, 60 milliards d’ariary est en jeu.

Mécontentes du déroulement du vote du budget de la commune, Lalatiana Rakotondrazafy, Lalatiana Ravololomanana et Véronique Rajerison ont quitté la salle de séance au moment du scrutin. Ces dernières sont contre le fait que la commune doive emprunter soixante milliards d’ariary pour alimenter les caisses de la municipalité. « Nous ne pouvons pas accepter que la commune urbaine fasse un tel emprunt au détriment de la population de la capitale qui devra rembourser cette somme sur vingt à trente ans », a indiqué la conseillère municipale Lalatiana Rakotondrazafy, hier à Analakely. « Cela d’autant plus que la source de cet emprunt reste inconnue », a expliqué pour sa part Véronique Rajerison.

Lalatiana Ravololomanana de son côté craint que cet emprunt ne soit issu d’un blanchiment d’argent puisque les conseillers n’ont reçu aucune explication ni sur la provenance de la somme, ni sur son utilisation. Dans tous les cas, « Il est trop tard pour faire des propositions, nous sommes dans l’obligation de saisir les autorités compétentes », a-t-elle poursuivi en insistant sur le fait qu’il n’y a aucune discussion possible entre les deux parties vu que les conseillers du Tim sont majoritaires. La conseillère communale de l’opposition souligne qu’il est nécessaire de mettre en œuvre la bonne gouvernance au sein de la commune avant de se hasarder à emprunter une grosse somme d’argent. « Nous ne voulons pas être complices de la mauvaise manière de gérer la capitale », a-t-elle précisé.  Lalatiana Ravololomanana souligne ainsi que la commune devrait revoir sa stratégie notamment au niveau de son taux de recouvrement ou encore au niveau de l’élargissement de son assiette fiscale.

Au stade de projet

Cependant, la commune n’est pas restée les bras croisés face à toutes ces critiques. Une rencontre avec la presse a immédiatement été organisée à l’Hôtel de ville, hier par le premier adjoint au maire, Gabriel Harison, en réponse à toutes ces déclarations. « L’emprunt de cette somme est encore au stade de projet. Et si cela prend forme, il appartiendra à l’Etat de le contracter et de le transférer à la commune par la suite », a-t-il indiqué. « Dès que la commune recevra le budget, elle s’attèlera aussitôt à plusieurs projets importants, tels que la réhabilitation des rues de la capitale, des troittoirs ou encore des marchés », selon toujours les explications du premier adjoint au maire. Concernant la hausse des taxes de la commune, Gabriel Harison a indiqué qu’elles ont été évaluées en fonction du contexte actuel. Il semble cependant que ces éclaircissements sont loin de satisfaire le camp d’en face.

Quoi qu’il en soit, la commune est déterminée à assainir la ville et a indiqué ne plus vouloir reculer. La commune aura ainsi pour priorité la sécurité des usagers des rues et trottoirs en particulier, et de la population tananarivienne en général, ainsi que la fluidité de la circulation. « Nous allons commencer par interdire le commerce illégal et illicite sur l’Avenue de l’indépendance et ses alentours pour étendre par la suite progressivement la mesure aux 6 arrondissements », a expliqué Gabriel Harison. La CUA projette ainsi, avec l’appui du ministère du Commerce et de la consommation, et de la Chambre de commerce et d’industrie d’Antananarivo, de réorganiser les marchés, en mettant en place plusieurs marchés spécialisés dans les communes limitrophes.

Tahina Navalona

Les commentaires sont fermées.