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Financement parallèle

Financement parallèle

 « Raisonnons d’abord en termes d’idées, de programmes et de réformes avant de parler des moyens financiers », a déclaré hier Gilbert Raharizato dans les colonnes de Les Nouvelles paru avant-hier. Et celui de continuer : « Parler d’argent avant la mise en place du projet est depuis toujours notre impardonnable péché. Nous avons conditionné notre réussite par l’argent ». Mais le cas qui vient de se produire, n’a certes pas frôlé l’esprit de l’opinion publique encore mois les deux Lalatiana. En fait, la CUA va contracter un emprunt et cela est mentionné noir sur blanc dans le nouveau budget de la commune.

Hier, le ton est monté d’un cran chez les deux conseillères, Lalatiana Ravalolomanana et Lalatiana Rakotondrazafy, farouches opposantes au sein du conseil municipal. Elles n’y sont pas allées avec le dos de la cuillère pour désapprouver ce budget adopté mercredi dernier. Et le point de discorde concerne notamment cet emprunt d’un montant de 60 milliards d’ariary. Cela dépasse l’entendement, d’après les deux Lalatiana. Voir la capitale de Madagascar s’endetter à long terme est tout simplement indécent. Et paraît-il que le remboursement s’étalera sur 20 ans.

« Nous avons basé ce que nous voulons faire sur la seule condition, l’argent, alors que d’une manière rationnelle, pragmatique et logique, c’est ce que nous voulons réaliser avec ses éventuels impacts qui drainera le volume de financement nécessaire. Il faut que le projet soit d’abord bien monté et bancable avec un environnement assaini pour pouvoir, par la suite, raisonner en termes de volume de financement, sinon ce n’est pas seulement la charrette avant les bœufs mais aussi de l’argent jeté par la fenêtre, comme on dit », avait expliqué Gilbert Raharizatovo dans son interview.

En termes de programme nécessitant la disposition d’une telle somme, les deux conseillères s’interrogent car à leur connaissance, aucun projet relatif à ce sujet n’est en vue. Quant à la source de l’argent à emprunter, tant de mystère règne autour de ce budget. Lalatiana Ravolomanana n’a même pas caché sa crainte d’un éventuel blanchiment d’argent.

La Commune urbaine d’Antananarivo aspire-t-elle à une totale indépendance au point de recourir au financement parallèle ? Toute la question est là, d’autant que récemment, la ministre de l’Eau, de l’hygiène et de l’assainissement a clairement dit qu’il ne faut tout le temps compter sur les subventions de l’Etat pour régler des problèmes d’urgence en faisant référence au ramassage des ordures.

J.R.

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