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Reflet de la semaine – La chambre haute attendue : une nouvelle carte politique se dessine

Reflet de la semaine – La chambre haute attendue : une nouvelle carte politique se dessine

La mise en place du Sénat, une des institutions décrétées dans la défunte Feuille de route, sera bientôt effective. La procédure de sa mise en place est à sa dernière ligne droite à l’heure actuelle. La balle est en effet dans le camp de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) qui décidera en dernier ressort des suites des élections par la publication des résultats qui doit se tenir incessamment.

Après le vote, la nomination

La répartition des sièges s’est faite par province suivant un calcul de quota bien établi. Le Président de la République jouit, en plus du droit de désignation du tiers des parlementaires de cette Chambre, comme il a été de tradition depuis l’indépendance. Dans ce volet particulier, le Chef de l’Etat a fait montre d’indulgence en invitant diverses entités à lui présenter des dossiers de candidature au poste de sénateurs désignés. Ses appels dans ce sens n’ont d’ailleurs pas été tombés dans l’oreille d’un sourd vu l’affluence des postulants dont les dossiers de candidature déposés se sont élevés au triple des postes à pourvoir…

Accouchement difficile…

Une date a déjà été avancée pour la publication officielle de la liste des sénateurs de Madagascar mais le doute est permis, selon certains observateurs, d’envisager un report probable de la part de la HCC suite aux contextes précédant sa prise de décision. Des voix s’élèvent actuellement pour contester les résultats des élections sénatoriales dans certaines régions. Sans s’être concertés les participants semblent s’unir dans un même élan pour pointer du doigt les candidats du parti au pouvoir qui se sont taillé la part du lion aux résultats provisoires. Les cas rapportés  reflètent des similitudes troublantes parfois puisque les irrégularités dénoncées concernent en général les pressions exercées sur les grands électeurs pour s’assurer leur soutien ou le monnayage de leurs voix. Différentes manœuvres destinées à asseoir la victoire des listes présentées par ce parti ont aussi été évoquées par les candidats malheureux pour expliquer leur défaite, parfois cuisante, à l’issue des scrutins du 29 décembre dernier.

Suspicion de corruption électorale

Poussant le bouchon plus loin dans les accusations, l’association «Firaisankinan’ny terak’Ibara» (Fitiba) de Charlie Nakany Zafimagnelo qui a présenté son président national aux  élections a révélé à la presse leurs preuves sur les irrégularités qui ont servi à lui barrer la route vers le fauteuil sénatorial dans la province de Toliara.

Dans le district de Beroroha où il était présent durant les périodes électorales, le candidat Charlie Nakany a tiré particulièrement la sonnette d’alarme sur la présence de responsables étatiques proches du pouvoir ayant proféré des menaces à l’endroit des communes qui ne portent pas leur choix sur les «candidats du régime». Il a rapporté que le chef de région et le député élu de la circonscription  avaient annoncé aux maires que celui qui ne votera pas leurs candidats sera privé des subventions de l’Etat.

Le directeur inter régional de l’éducation, accompagné dudit député, a resserré les vis en annonçant aux maires, grands électeurs aux sénatoriales, qu’ils seront remplacés par des Pds en cas d’échec des candidats présentés par le parti du pouvoir. Isolé par ses soins avant la date du scrutin, les grands électeurs du district de Beroroha ont reçu une somme d’argent, certainement en contrepartie de leurs choix éventuels, d’après le candidat du FITIBA qui a demandé des dispositions particulières pour cette circonscription à cause de ces irrégularités.

Une majorité fragile !

Les contestations ont donc fusé après les élections sénatoriales remportées haut la main par le parti au pouvoir. L’obtention de la majorité absolue à la Chambre Haute est synonyme de stabilité politique retrouvée pour les dirigeants qui n’avaient aucun élu avant les élections communaux où il a fait aussi un razzia de sièges en prévision de ces sénatoriales. Des observateurs politiques avertis voient la situation d’un autre œil toutefois. Pour eux, l’invasion du parti HVM au Palais d’Anosikely ne rétablira aucunement la situation politique parce que cette majorité prônée n’est que de façade. La plupart des candidats élus ne sont que des transfuges et des opportunistes qui n’y voient qu’une issue pour se parer d’immunité dans un but lucratif et parfois obscur.  Ils ne feront que gonfler les rangs des «élus mercenaires» composant le parlement malgache, d’après certains analystes qui déclarent que les fonctions électives deviennent des professions pour des intellectuels de bas niveau et des opérateurs véreux à Madagascar depuis quelques années.

L’organisation de ces élections a été contestée dès son annonce d’ailleurs. Les députés ont demandé le report de sa tenue, évoquant la priorité de la résolution des principaux problèmes touchant directement la vie de la population. Ils ont aussi avancé que les délais pour les dépôts des dossiers de candidatures et des papiers administratifs étaient trop courts tandis que la Commission électorale indépendante (CENI), organisatrice des sénatoriales s’inquiétaient de l’établissement de la liste des grands électeurs dans les temps impartis.

En conclusion, la HCC aura fort à faire pour publier les résultats officiels de ces sénatoriales polémiquées sinon ses membres devront procéder comme dans les cas précédents où la grande majorité des requêtes fut tout simplement irrecevables ou non considérée.

Manou

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