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Des années de corruption

Des années de corruption

Malgré la conviction affichée et la détermination du Bureau indépendant anticorruption (Bianco), il faut quand même se

rendre à l’évidence, Madagascar a encore un long chemin à parcourir en la matière. Les données statistiques en témoignent. Depuis 2012, le pays n’a cessé de chuter dans le classement établi par Transparency international. Occupant le 118è rang sur 176 pays en obtenant la moyenne de 32 points sur 100, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC), le pays s’est retrouvé à la 127è place en 2013. Ensuite, 2014 n’a pas été non plus une année prometteuse car régressant de la 127è à la 133è position avec  seulement 28 points enregistrés, le pays a été en dessous de la moyenne. En Afrique subsaharienne, le pays est en queue de peloton.

Pour l’exercice de 2015, Tranparency international rendra bientôt son rapport et même si plus d’un espère une évolution, nombreux restent sceptiques. En attendant, la Grande île figure parmi les nations les plus corrompues au monde. Il y a de quoi s’inquiéter au lieu de dire avec tellement de complaisance à chaque occasion que des efforts ont été entrepris, mais beaucoup reste à faire.

Définie comme «une conduite qui se détourne des devoirs officiels liés à la fonction publique en vue d’obtenir des avantages personnels, qu’ils soient pécuniaires ou de statut ; ou qui violent les règles émises contre certains comportements à visée personnelle», la corruption semble jusqu’à preuve du contraire prendre le dessus dans le pays. Outre l’insécurité, l’instabilité politique et les ordures, la corruption galopante ternit davantage l’image d’un pays très pauvre comme le nôtre. Le régime change, mais la corruption à travers l’espace et le temps

demeure. C’est une mauvaise pratique en perpétuel recommencement si des mesures radicales, voire draconiennes ne sont pas prises.

Et ce n’est pas par hasard si les organisations de la société civile, ainsi que les partenaires techniques et financiers dont les bailleurs de fonds évoquent à maintes reprises le sujet. D’ailleurs depuis le début de l’année, renforcer la lutte contre la corruption et les trafics illégaux en tout genre est à chaque fois leur leitmotiv dans leur discours et déclarations. Comme

s’ils lancent un message fort aux dirigeants, pour leur dire que cette année, la lutte contre la corruption et tous ceux qui font entrave au développement du pays devrait être la priorité des priorités.

2016 semble être l’année de déblocage des fonds au sens propre. Les bailleurs après constat et observation en se référant aux étapes accomplies n’ont pas dit le contraire bien que l’indice de perception de la corruption reste un facteur primordial

à tenir en compte. Un pays corrompu n’inspire pas confiance aux investisseurs étrangers.

J.R.

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