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Chronique : qui ne va pas à la chasse perd sa place

Le circuit des échanges avec les lointains pays d’Asie s’est animé d’un réel dynamisme qui ne semble pas s’essouffler. Les relations commerciales ont initié un flot régulier de déplacements des gens d’affaires, phénomène assurant une clientèle non négligeable aux transporteurs aériens. Dans un tel contexte, l’opinion a mal perçu, et la décision en elle-même et les raisons qui pourraient justifier l’abandon d’exploitation de la ligne Madagascar-Asie par la Compagnie Nationale Air Madagascar. Un cadrage pas tout à fait adapté aux circonstances expliquerait peut-être un éventuel déficit de l’exploitation de cette ligne, ce qui aurait pu mieux mériter une correction de tir que nécessiter cette désertion peu glorieuse, la tête basse, la queue entre les jambes, les ailes repliées. De quoi faire mentir voire même rapporter un témoignage de l’adage «qui va à la chasse perd sa place», ici on ne va en chasse, au contraire on rentre ses ardeurs de chasseur et on déserte sa place. Encore chaude cette place, à peine Air Madagascar a effectué le dernier vol qu’Air Mauritius s’y installe douillettement.

De sa superbe de conquérant de sa part dans l’espace aérien international Air Madagascar n’en garde même plus la trace. Depuis des lustres entre haute voltige et rase-motte la compagnie nationale a essayé de donner le change. Le temps a eu raison de la résistance. Les acrobaties auxquelles se sont adonnés les hauts décideurs qui se sont succédé à son chevet, à l’évidence n’ont su adapter l’entreprise à faire face à la concurrence dans les airs, concurrence légalement désorganisée façon déloyale dans laquelle les plus forts  devaient sortir griffes et ongles pour maintenir leurs proies sans perdre une miette. Des règles nouvelles imposant des conditions impossibles à satisfaire pour les plus faibles contraignent celles-ci à des exercices suicidaires. Madagascar est classé dans cette catégorie B et les flottes qui portent pavillon du pays se trouvent ipso facto ainsi indésirables dans le ciel européen. Air-Madagascar est réduit à des formules hypocrites (acceptées de tous) dont le coût supplémentaire pénalise un agonisant. Parallèlement le pouvoir ne sait résister à la pression internationale et se fait gloriole d’ouvrir son ciel, réduisant les chances d’Airmad de sauvegarder l’avance acquise dans ce qui était son pré carré. Adieu veau, vache, cochon…

Léo Raz

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