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(Le) Leader s’annule

(Le) Leader s’annule

L’affaire de suspension de quelques membres du Leader Fanilo, dont son président, Jean-Max Rakotomamonjy, rappelle à quelques détails près la très médiatique affaire de suspension de Jean-Marie Le Pen par le bureau national du Front national, dirigé par sa fille, Marine Le Pen. A quelques détails près parce que si les motifs de la suspension semblent à peu près les mêmes, entre autres la déviation des principes du parti, les contextes sont bien différents. La situation également.

Si en France, le FN cherche à se débarrasser de ses brebis galeuses, c’est parce qu’il cherche à se refaire une belle image, dans l’espoir de briguer la présidence de la République durant les prochaines élections. Les dernières évolutions au sein de ce parti, le regain de notoriété qu’il a affiché lors des précédentes élections en France, le positionnant d’ailleurs comme le troisième parti le plus puissant de l’Hexagone, sont autant de raisons qui peuvent justifier l’assainissement au sein de cette formation politique à polémiques.

Or, pour le Leader Fanilo, la situation est toute autre. Depuis la mort de son fondateur, il n’a cessé d’accumuler les problèmes. Tout cela, non pas parce qu’il a affiché un changement notable qui tend vers le renforcement du parti, mais à cause de la diminution de sa cote de popularité, voire même de sa crédibilité. Mais tout cela n’est effectivement pas propre à ce seul parti. Cette situation concerne presque toutes les formations politiques malgaches qui, faute de casting rigoureux pour le choix leurs membres, et en l’absence d’idéologie qui devrait motiver chacun d’entre eux, finissent par s’effacer devant le parti au pouvoir, souvent puissant.

Il n’y a pas que le Leader Fanilo, les autres grands partis politiques ont également des difficultés à démontrer leur solidarité. Les dernières élections sénatoriales l’ont confirmé. Le Mapar, parti de l’ancien président de la Transition, tout comme le Tim de l’ancien président Marc Ravalomanana ou encore l’Arema de Didier Ratsiraka se sont vus se faire trahir par certains de leurs élus. Tout cela parce que la politique basée sur le principe, l’éthique et l’idéologie, n’a pas encore sa place à Madagascar.

C’est encore a priori l’intérêt pécuniaire qui anime les membres des partis politiques. Il n’est de ce fait pas étonnant que les retournements de veste sont fréquents, et que le rajeunissement, voire le renouvellement de la classe politique peine à se concrétiser. Et au vu de l’environnement dans lequel la politique évolue, cette situation risque de perdurer.

Vonjy M.

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