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Chronique : peu diplomates les vœux de la communauté internationale

Un style ampoulé ne suffit pas à donner à un discours le bon ton de la diplomatie. La situation de faiblesse dans laquelle se trouve le pays ne justifie pas de telles libertés de la part des partenaires. Passe encore le rappel de la leçon « aide-toi et la communauté t’aidera », après avoir posé ce principe, il était d’une inconvenance cavalière de manifester une ingérence caractérisée, fusse celle-ci enrobée de flatterie. Quel toupet que celui d’un ambassadeur au cours d’un discours officiel de s’arroger l’autorité de noter publiquement un ministre ! Inadmissible même pour attribuer une notation élogieuse. On imagine mal le doyen du corps diplomatique en France au cours des vœux au Palais de l’Elysée glisser dans son discours : « il est bien ce Fabius, à son poste il abat du bon boulot » en parenthèses (il ferait bon de l’y maintenir). En plus poli c’était ça. Du jamais vu, du moins publiquement. Monsieur l’ambassadeur, aurait-on pu lui rappeler, ne vous en déplaise c’est notre cuisine intérieure…

Sans l’air d’y toucher les propos sur un autre point ont même frisé l’insulte. En y mettant les formes de respect (mon œil !), le diplomate, façon de dire que les projets n’ont plus de sens, a invité le Président de la République et l’aréopage sur les lieux, à se bercer de rêve. Manière de souligner qu’il n’y a plus qu’en rêve que l’on peut voyager pour décliner l’avenir du pays. Couvert de cendres le public devrait en prime battre sa coulpe pour avoir applaudi la gifle qu’on vient de lui infliger.

Jusqu’où sommes-nous tombés pour mériter et accepter pareilles humiliations ? Par hasard sommeillons-nous au point de ne manifester aucune réaction, ou avons-nous pris le parti de ravaler toute manifestation d’indignation en  contrepartie des gentillesses qui ne sont pas nécessairement dépourvues de calcul ?

Oui, la tenue du Sommet de la Francophonie à Madagascar en cette année 2016 constitue un insigne honneur et représente une réelle aubaine en cette période de disette. Un Sommet qui promet de faire l’événement de l’année. Mais après l’affront, de quelle fadeur que le goût des scènes destinées à manifester jubilation pour avoir mérité d’être le pays hôte d’un événement qui concerne plus de la moitié des pays de la planète. Tempérer joie et fierté, la piqûre injectée par Monsieur le doyen du corps diplomatique produit des effets retard.

Léo Raz

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