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Rêvons ensemble…

Rêvons ensemble…

« Rêvons ensemble ». En lançant cette invite, l’ambassadeur du Maroc à Madagascar semble réveiller un mot que la plupart des Malgaches ont déjà enterré. Parce que la situation dans laquelle se trouvent le pays et la population empêche tout simplement de rêver, du moins, dans le sens du rêve proposé par le doyen du corps diplomatique dans son allocution à Iavoloha.

Il n’est effectivement pas interdit de rêver, à condition qu’on ne prenne pas son rêve pour une réalité. Ainsi, un Madagascar qui n’attend plus la communauté internationale est un rêve. Un rêve qui, au vu de la situation actuelle, ne se réalisera jamais. Bien que sa souveraineté ait maintes fois été clamée, la Grande île ne peut se défaire de ses partenaires étrangers. L’Histoire y est peut-être pour quelque chose, mais le manque de volonté, de personnalité ou de compétence des dirigeants à instaurer l’autonomie du pays y est sûrement pour beaucoup.

Ainsi, l’insularité de la Grande île qui ne devrait pas lui permettre de s’isoler est devenue un prétexte pour expliquer l’incapacité du pays et de ses gouvernants à rêver d’une autonomie, notamment financière. Madagascar dépend beaucoup des aides et financements étrangers, bien que le pays soit riche. L’un des problèmes récurrents du pays réside dans l’inégalité de répartition de la richesse nationale. L’éternelle dépendance du pays envers les autres ne lui permet pas par ailleurs d’avoir sa propre politique, de tailler des projets qui conviennent à son développement et conformément au mode de vie de sa population.

 Pire, face au manque de résultats dans le cadre des collaborations souvent vouées à l’échec, entre le pays et ses partenaires étrangers, car les objectifs finaux s’écartent parfois des résultats attendus par la population, l’on a tendance à tout mettre sur le dos des partenaires. Aussi, la communauté internationale est-elle considérée comme responsable de l’échec et des problèmes du pays. Une lâcheté. Mais elle confirme une fois de plus le vice du sens de la responsabilité des dirigeants. Parce qu’avant tout, les responsables du pays, de son développement ou de son appauvrissement, du bonheur ou de la pauvreté de la population, restent les dirigeants, les élus du peuple.

Rêver est en réalité la plus facile des choses, mais pour pouvoir bien réaliser ses rêves, le rêve de la population, le rêve de tout un chacun, il faudra assumer ses responsabilités. Le message n’a pas ainsi besoin d’être décrypté, car il incite surtout les dirigeants malgaches à prendre leurs responsabilités, à se mettre devant leurs responsabilités.

Vonjy M.

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