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Partenaires étrangers à Iavoloha : les dirigeants mis devant leurs responsabilités

Partenaires étrangers à Iavoloha : les dirigeants mis devant leurs responsabilités

Le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Royaume du Maroc, Mohammed Amar a dit tout haut, hier, ce que la majorité des partenaires du pays pensent tout bas.

« Rêvons ensemble pour que la communauté internationale ne soit plus perçue comme responsable de tous les problèmes que traverse Madagascar. Rêvons ensemble pour qu’un jour les Malgaches n’auront plus besoin de l’assistance de cette même communauté internationale et que les futures négociations entre cette dernière et la Grande île se fassent dans la dignité et le respect de l’indépendance et de la souveraineté ». Ces propos sont de l’actuel doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur du Maroc Mohammed Amar, lors de la cérémonie de présentation des vœux au couple présidentiel au palais d’Etat d’Iavoloha, hier.

Il n’a pas manqué de rappeler la situation actuelle de la capitale. « Rêvons ensemble pour que la population d’Antananarivo redécouvre une capitale sécurisée, propre et accueillante ».

Rarement le discours d’un diplomate aura été aussi limpide que celui de l’ambassadeur du Royaume du Maroc à propos du chemin que doit emprunter la Grande île. Certes, il ne l’a pas dit directement, en usant notamment de la formule « rêvons », mais son message a le mérite d’enfin secouer les dirigeants, habitués au laxisme. « Depuis mon arrivée (…), je ne cesse de lire et d’entendre répéter les mots communauté internationale, bailleurs de fonds, Fonds européen de développement… etc. à toutes les occasions qu’elles soient bonnes ou mauvaises », a-t-il déclaré.

En faisant référence à son pays d’origine, le diplomate a soutenu que les mots cités supra ne font pas partie du langage des Marocains. « Le Maroc (…) entreprend toutes les démarches et encourage toutes les initiatives pour que le royaume soit libre de ses mouvements, libre de choisir ses amis et ses alliés et surtout libre de défendre son indépendance et sa souveraineté », a-t-il noté. Et le diplomate d’enfoncer plus profondément le clou en déclarant que « Le Maroc compte tout d’abord sur ses propres forces, sur son potentiel avant de compter sur l’aide et l’assistance des autres », tout en soutenant que « Le développement, la croissance et l’amélioration des conditions de vie de la population ne dépendent pas des investissements étrangers mais plutôt de la vision que l’on a de son propre avenir et des efforts, des concessions, et des sacrifices que l’on consent à assumer pour atteindre ses objectifs ».

Faiblesse

Cette prise de position, claire et nette de la part d’un membre de la communauté internationale est affichée au moment où le pays entre dans un tournant décisif du processus de son développement. Force est de reconnaître que la majorité des projets matérialisés dans la Grande île et qui font vivre la population malgache, à l’heure actuelle, sont mis en œuvre par les partenaires techniques et financiers (PTF). A noter également que plus de la moitié du budget de l’Etat provient des aides des institutions internationales et que les recettes fiscales et douanières semblent loin de suffire à faire tourner la machine administrative en général.

Le discours du diplomate marocain d’hier rappelle également, dans une certaine mesure, cette phrase de l’ambassadeur de l’Union européenne, Antonio Benedito Sanchez : « Est-ce que l’argent de l’Union européenne va faire développer les Malgaches ? Je vais vous répondre non. L’Union européenne n’a pas vocation à développer Madagascar. Notre objectif est de lutter contre la pauvreté et de vous aider. Mais la responsabilité vous incombe », avait-il déclaré lors d’une rencontre avec les élus de la Chambre basse en novembre dernier. « Rêvons ensemble pour que les termes assistance internationale, appui au budget, pourvoyeur de fonds, etc. ne fassent plus partie du vocabulaire des dirigeants de ce pays », note d’ailleurs le diplomate marocain dans son discours.

Quoi qu’il en soit, selon toujours le doyen du corps diplomatique, la communauté internationale sera toujours aux côtés  de Madagascar, et ce « en suivant avec beaucoup d’attention les promesses faites, ainsi que les efforts entrepris pour la concrétisation de ces promesses ». « Elle est consciente que les défis restent très nombreux et de taille mais demeure persuadée qu’avec la volonté requise, le courage d’oser et une vision précise de ce que l’on veut atteindre l’avenir sera plus optimiste, plus radieux et plus encourageant pour une population qui mérite tous les bonheurs du monde », ajoute Mohammed Amar.

Jao Patricius

Des mots pour la MAE

Le doyen du corps diplomatique, l’ambassadeur marocain Mohammed Amar n’y est pas allé par quatre chemins pour louer les efforts fournis par la chef de diplomatie malgache, Béatrice Atallah, hier dans son allocution. « La communauté internationale saisit cette occasion pour féliciter très sincèrement Madame Beatrice Atallah, ministre des Affaires étrangères, pour tous les efforts qu’elle ne cesse de déployer afin que Madagascar retrouve pleinement sa place sur la scène internationale », a lancé l’ambassadeur du Royaume du Maroc qui, soit-dit en passant, a demandé à l’assistance une acclamation spéciale à l’endroit de la chef de la diplomatie malgache.

D’après le doyen du corps diplomatique, « Ses responsabilités sont grandes mais sa volonté, son expérience et son savoir-faire sont là pour lui permettre d’atteindre ses objectifs ». Et le diplomate de conclure avec une note de soutien appuyée : « Que Madame la ministre soit assurée que les membres de la communauté internationale, en particulier le Maroc, sont là pour l’accompagner et pour respecter ses engagements vis-à-vis des évènements internationaux qui auront lieu dans la Grande île ».

J.P

Jean-Max R. mise sur la stabilité

« La mise en place de la décentralisation effective dans le pays est une étape indispensable pour lutter contre la pauvreté. Le pouvoir central a manifesté sa volonté de franchir cette étape en prévoyant un budget spécial pour les collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans la loi de Finances initiale (LFI) 2016, adoptée récemment par les députés », a déclaré le président de l’Assemblée nationale, Jean-Max Rakotomamonjy, hier lors de la cérémonie de présentation de vœux au palais d’Etat d’Iavoloha.

La décentralisation permettra aux districts de jouir du développement prévu dans le Plan national de développement (PND). D’après Jean-Max Rakotomamonjy, les efforts déployés par le régime Hery Rajaonarimampianina se font ressentir et le peuple ainsi que les députés n’en sont que reconnaissants.

Le président de la Chambre basse salue également le retour en force de la collaboration des bailleurs de fonds et des partenaires techniques et financiers (PTF). « Une autre preuve que Madagascar est sur la bonne voie du développement », a-t-il indiqué.

Cependant, Jean-Max Rakotomamonjy reconnaît que ces efforts seront vains si la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption ne sont pas effectives. « Ce sont les critères indispensables à une bonne coopération franche et durable entre la communauté internationale et le pouvoir actuel. Il nous faut une bonne gestion des aides financières afin de recouvrer la confiance des bailleurs », a-t-il argumenté.

Le président de l’Assemblée nationale Jean-Max Rakotomamonjy a également insisté sur la nécessité d’instaurer la stabilité dans le pays. « Laissons de côté nos divergences d’opinions, misons sur la réconciliation et unissons nos forces afin de sortir Madagascar du gouffre de la pauvreté pour enfin faire de lui une Nation prospère », a-t-il exhorté.

Nadia

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