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Madagascar il y a 100 ans : la répression (2)

(Suite et fin.)

Il y a pourtant de vieux colons qui ont dit et redit que le Hova fourbe, rancunier, ne pardonnerait jamais au conquérant d’avoir pris son pays.

Rappelons à ce propos ce qu’écrivait bien avant la conquête le Père Abinal dans Vingt ans à Madagascar : « Tout le monde connaît l’engouement des Chinois pour eux-mêmes et pour leur céleste empire ; les Hovas, sous ce rapport, ne le prêtent guère aux fils du ciel ; la terre des ancêtres leur est sacrée et ils se croient une nation privilégiée. Leur monarchie est à leurs yeux la première du monde. »

Voilà cinq ans, à ce qu’il paraîtrait, que cette société secrète fonctionne ; elle avait ses adeptes, ses journaux, ses mots de passe et mieux encore une clé spéciale qui permettait de lire entre les lignes dans leurs feuilles de propagande.

Une chose qui n’est pas juste et que l’on ne comprend pas, c’est qu’on ait mis des gouverneurs et des chefs hovas dans des provinces d’autres races dont on connaît les sentiments et ont combattu à nos côtés les Hovas de tout temps.

Il est un fait avéré que les gouverneurs hovas n’oublient pas la collaboration de ces autres peuplades lors de la conquête et leur font arbitrairement ressentir la haine profonde qu’ils éprouvent à leur égard.

Il faut certainement des fonctionnaires indigènes, mais qu’on les choisisse parmi ceux qu’ils sont appelés à commander.

C’était du reste la sage politique de notre ancien Gouverneur Général le général Gallieni, aujourd’hui Ministre de la Guerre. Les Hovas étaient chez eux et ils n’avaient pas cet air hautain d’aujourd’hui.

On s’est souvent demandé à Madagascar, en voyant les Hovas à toutes les sauces et partout, si la France n’avait pas fait la conquête de l’Île uniquement pour eux !

Il serait temps qu’on revienne de ces errements et qu’on mette chacun à sa place.

En présence des faits graves qui viennent de se dérouler, nous aimons à croire que le gouvernement montrera de la fermeté ; il en faut ou jamais. Les coupables doivent être châtiés comme ils le méritent et sans aucune considération.

C’est un devoir de rassurer le public et particulièrement les Indigènes restés fidèles à la France et l’on n’arrivera à ce but qu’en faisant un exemple.

Soyons bons et justes, mais sans faiblesse !

Charlert.

La Dépêche malgache

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