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Reflet de la semaine – Fêtes de fin d’année : fautes de grives, on s’est contenté de merles

Reflet de la semaine – Fêtes de fin d’année : fautes de grives, on s’est contenté de merles

Il n’y a plus rien à ajouter sur l’effritement du pouvoir d’achat actuel des ménages. N’empêche que chacun a essayé de faire son mieux, du nanti au nécessiteux, pour manger à sa faim lors des fêtes de fin d’année.

Si les accessoires de mode et les jouets étaient les priorités à Noël, les foyers ont fait la part belle aux victuailles avec le peu d’argent qu’il leur restait pour réveillonner et accueillir la nouvelle année. Des victuailles limitées par le pouvoir d’achat de chacun cependant, avec les oies et les dindes qui sont hors de prix.

En pareille occasion, en effet, avoir une dinde ou une oie au menu est l’idéal pour les foyers malgaches, aussi bien ruraux qu’urbain. Mais au vu des prix de ces volailles sur le marché, tournant autour de 50 000, voire 80 000 ariary l’unité, nombreuses mères de famille ont préféré ne même pas y penser. «C’est l’équivalent de 5 mois de facture de la Jirama», a fait remarquer l’une d’elles,

70% du Smig actuel.

De ce fait, nombreux se sont rabattus sur les poulets de chair dont le kilo est cinq fois moins cher. Ceux qui en avaient les moyens ont opté pour un poulet ou un canard  entier, l’essentiel est de marquer l’événement par un menu spécial, qui sorte de l’ordinaire.

En tout cas, les pâtes alimentaires, à l’instar des spaghettis et macaronis sont toujours incontournables en entrée. Sur les quelques mères de famille que nous avons interrogées, presque toutes ont prévu ce genre de produit alimentaire dans leur menu. Seuls les ingrédients varient, selon le pouvoir d’achat et le goût de chacun. Selon les témoignages d’un grossiste d’Anosibe, ses ventes de pâtes alimentaires sont multipliées par 10 à chaque période de fête.

La cote aux jouets à 2 000 ariary

D’après les marchands de jouets tenant commerce le long des rues de Tsaralalana, Analakely et Anosibe, les articles à petits prix, entre 2 000 et 5 000 ariary ont été les plus prisés lors de la fête de la Nativité. Les prix des jouets affichés par ces marchands variaient d’ailleurs dans cette fourchette. Des jouets composés essentiellement de petites voitures, de ballons de foot, de dinettes et de poupées. «Malgré leur désir de donner pleine satisfaction à leurs progénitures, les parents ont été obligés de n’acheter que des jouets à petits prix,  conformément à leur pouvoir d’achat», ont témoigné ces marchands. Rares sont ainsi ceux qui ont les moyens d’acheter des voitures téléguidées ou des poupées parlantes à partir de 10 000 ariary.

Hausse de prix des friandises

Concernant les friandises, elles ont accusé une hausse de prix. Si les  produits locaux étaient vendus à partir de 1 000 ariary le kilo, ceux importés affichent le double avec 2 000 ariary. «Si nous appliquons aussi notre vérité des prix, les bonbons coûteraient beaucoup plus cher. Mais vu la rareté des clients, nous sommes obligés de ne prendre qu’entre 500 et 800 ariary de marge bénéficiaire», a affirmé un marchand. Malgré cela, «Au vu des chiffres de vente, force est de constater que la tradition se perd car les gens n’ont plus de quoi s’offrir la moindre douceur», a-t-il déploré.

Après les fêtes, bonjour les maux de ventre

De source auprès des médecins de quelques centres de santé de base (CSB) que nous avons contactés, les maux de ventre, ou plus précisément les maladies digestives ont été les principaux motifs de consultation après les fêtes de fin d’année. Selon leurs explications, les manifestations des affections varient selon l’âge et le sexe du malade. En général, les jeunes et les adultes souffrent de maux d’estomac suite aux différents excès, d’alcool surtout. Quant aux enfants, ils sont pris de vomissements et de diarrhées.

L’abus de nourritures, en particulier les aliments gras et les boissons alcoolisées lors des festivités est avancé par les médecins comme étant à l’origine de cette situation. A cela s’ajoute le manque d’hygiène, notamment la consommation de fruits, à l’instar des mangues et des litchis qui n’ont pas été soigneusement lavés au préalable. A part les médicaments que les médecins prescrivent, ces derniers recommandent également à leurs patients de boire beaucoup d’eau.

Outre les maux de ventre, l’hypertension artérielle a également fait des misères à plus d’un. «Probablement les conséquences des longues veillées et de l’ambiance survoltée lors de ces fêtes de fin d’année, sans oublier l’abus d’aliments salés», a avancé un médecin d’un CSB-II d’Atsimondrano.

Enfin, il convient de citer aussi les maladies respiratoires qui frappent aussi

bien les adultes que les enfants. L’environnement malsain où l’on vit actuellement, notamment les ordures qui jonchent les rues de la capitale, y est sûrement pour quelque chose, sinon pour beaucoup.

Baisse du nombre des hospitalisations

Le nombre de personnes ayant été hospitalisées lors des fêtes de fin d’année a diminué par rapport à l’année dernière. L’HJRA Ampefiloha a enregistré 275 cas d’hospitalisation contre 307 en 2014 à la même période. Par contre le nombre de décès a augmenté, 6 en 2015 contre la moitié en 2014. Parmi les premières causes d’hospitalisation, citons les bagarres, l’ivresse, ou encore le suicide qui ont fait plus d’une quinzaine de victimes. Par ailleurs, l’HJRA a également recensé une vingtaine de blessés et 3 morts dans des accidents de la circulation.

Dans les églises aussi

Par ailleurs, certains ont choisi de réveillonner dans leur lieu de culte respectif. Au programme, chants et cantiques espacés d’animations diverses pour que les fidèles soient toujours dans l’ambiance. Et dans certains endroits, le partage de nourritures et de boissons, exemptés d’alcool évidemment, après minuit. Pour ceux qui ont la chance d’avoir des chorales et des groupes évangéliques, ces derniers ont chauffé l’ambiance tout au long de la soirée. Et ceux qui en avaient les moyens ont invité des artistes évangéliques pour animer leur réveillon.

Le fait de réveillonner dans les édifices cultuels est devenu pratique courante depuis la multiplication en nombre des associations religieuses. Un phénomène qui va de pair avec une instabilité socioéconomique et politique dans les pays en voie de développement. Pour l’information, plus de 260 associations religieuses sont officiellement enregistrées auprès du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation au mois d’octobre dernier, selon une source auprès de ce département. Cela sans parler de celles qui ne sont pas encore légalement constituées.

La pluie au rendez-vous

Le temps n’était pas du tout clément lors des fêtes de fin d’année. Les réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre étaient plutôt arrosées de… pluie, notamment sur les Hautes terres centrales incluant les régions Analamanga, Itasy et Bongolava, ainsi que sur les régions Atsinanana et Analanjirofo. Ce qui a refroidi les ardeurs des inconditionnels des sorties nocturnes en groupe ou en famille. Nombre d’entre eux ont en effet opté pour une soirée «at home», aux dépend des organisateurs de soirées, malgré les offres très alléchantes de ces derniers.

Page réalisée par Sera R.

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