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Chronique : solutions miracle et valeurs sûres

En avril de l’année dernière, nous apprenions qu’il «existe 353 bacs à ordures répartis dans les 192 fokontany de la ville d’Antananarivo. La Commune Urbaine d’Antananarivo possède actuellement 23 camions destinés à la récolte des ordures, tandis que le besoin est de 50 camions.  Depuis ce constat qui ne fait pas honneur à la capitale et à ses habitants, la situation n’a pas évolué. Nous trouvons des solutions de fortune pour faire survivre des sociétés moribondes ; nous trouvons les moyens nécessaires pour offrir des véhicules de fonction et du carburant pour les faire circuler. Mais nous vivons tous autant que nous sommes dans la fange, les pieds dans les immondices et le nez à la recherche d’un air tout juste respirable en priant pour ne pas être contaminé trop vite par une maladie honteuse. Peut-être certains privilégiés bénéficient-ils d’un odorat et d’une vue qui leur épargnent le triste spectacle auquel on ne peut et on ne doit pas s’habituer. Ils doivent rester l’exception. Dites, l’état innommable de la Ville des Mille n’est-il réellement dû qu’à un problème de camions ?

Cette année, pour vous inscrire aux épreuves du baccalauréat, il vous faut prévoir 15 000 ariary si vous êtes un candidat d’école, 50 000 ariary si vous êtes un candidat libre et 100 000 ariary si vous êtes un candidat étranger. L’augmentation la plus importante est censée dissuader les candidats libres de se présenter mal préparés à cet examen encore inaccessible à une bonne partie de la population. Il semblerait en effet que ces derniers soient les principaux responsables du très faible taux de réussite aux épreuves de l’année passée. La responsabilité des écoles traditionnelles et de leurs enseignants n’est pas évoquée. Ni la qualité de l’enseignement. A chaque jour suffit sa peine. Rappelons tout de même que les cours de préparation au baccalauréat proposés hors cadre scolaire sont pour la plupart dispensés par des enseignants qui travaillent dans des établissements scolaires reconnus par l’Education nationale. Par ailleurs, malheureux élèves étrangers, notez bien que vous appartenez à catégorie très particulière. Vous ne devez pas espérer de remise au prétexte que vous êtes régulièrement inscrit dans une école. Que vous soyez candidat d’école ou candidat libre importe peu : pour l’Office du baccalauréat, vous êtes d’abord étranger. Il n’y rien d’étonnant à cela. Dans un océan de ratages, la discrimination positive est un navire qui tient bon contre vents et marées, république après république. Il nous reste tout de même quelques valeurs.

Kemba Ranavela

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