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Musique : focus sur l’histoire du « jejy voatavo »

Musique : focus sur l’histoire du « jejy voatavo »

Ratsimba est l’un de ces rares artistes qui n’a jamais cessé de porter haut les valeurs culturelles malgaches, même au-delà de nos frontières. Les mélomanes reconnaissent bien son puissant timbre et son habileté à manier le « jejy voatavo », cet instrument de musique en perdition.

Emmanuel Ratsimbazafy, plus connu sous son nom d’artiste de Ratsimba est né en 1963 dans la capitale du Betsileo. Il vit dans un hameau, dans la région de Fianarantsoa. A la fois musicien et agriculteur, il fabrique lui-même son instrument de musique, le jejy voatavo  (cithare sur bâton), à base de calebasse et de sisal qu’il cultive.

« C’est un instrument de la famille des cordophones. Il comprend une calebasse et un bâton dont les chevalets, qui servent à maintenir les cordes et à accorder l’instrument, sont fixés sur le manche. Auparavant, les cordes, au nombre de 1 à 2, étaient en sisal.  Le jejy voatavo va actuellement jusqu’à 11 ou 13 cordes et est fabriqué en acier », explique l’artiste, intervenant dans une station de radio locale.

Tout au long de sa carrière musicale, Ratsimba n’a pas ménagé ses efforts dans le souci de faire revivre cet instrument de musique par excellence chez les Betsileo qui semble avoir perdu de sa valeur. En fait, cet instrument de musique a joué un rôle important lors des cérémonies de mariage traditionnelles dans certains villages du Betsileo. « Il n’y avait pas d’orchestre ni de sonorisation pendant le mariage. Dans ce contexte, le jejy voatavo n’est seulement pas considéré comme un instrument de musique pour animer ce genre de fête, il  a également contribué à unir plus d’une famille », se remémore t-il.

Pour l’artiste, ce n’est pas tâche facile de faire revivre les valeurs de cet instrument de musique aux jeunes générations qui sont devenus accros aux nouvelles technologies. « Ce sont les étrangers qui s’intéressent de près aux valeurs du jejy voatavo, censées contribuer au développement de notre pays », déplore t-il.

L’artiste est malgré tout fier d’être parmi les ambassadeurs de la musique malgache à l’étranger. « J’ai déjà effectué une tournée internationale avec les Rossy, Sareraka, Dada Gaby du groupe Ny Voninavoko et Olombelo Ricky », a-t-il conclu.

Joachin Michaël

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