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Madagascar il y a 100 ans : oignez vilain il vous poingdra ! (3)

 (Suite et fin.)

L’instruction de leur affaire demandera une quinzaine de jours tout au plus ; ils seront ensuite déférés au Tribunal du 2e degré de Tananarive, en vertu du code des 305 articles dont l’article 1er réprime avec la dernière sévérité les organisations de ce genre.

Quant au loyalisme et au patriotisme de la population indigène à l’égard de la France, ils restent absolument intacts sans subir atteinte aucune par les menées de ces criminels. Même au centre d’Ambalavao, les autorités locales ont dû protéger les inculpés contre l’indignation de la population qui voulait les lapider.

Ce qui vient de se passer modifiera sans doute la manière de voir des colonisateurs en chambre, et leur prouvera que ces prétendus civilisés sont encore loin d’être mûrs pour être érigés en citoyens français.

 

Passagers de marque

 

Samedi soir, par train spécial, sont arrivés en gare de Tamatave 32 passagers, dont une femme, que l’autorité supérieure, dans sa tendre sollicitude, a eu l’attention de faire accompagner par un fort détachement de tirailleurs malgaches. Arrivés à la tombée de la nuit, nos illustres voyageurs ont dû coucher en gare dans les wagons mêmes qui les avaient portés, notre bonne ville ne possédant aucun hôtel digne de les héberger par son confortable et son hygiène.

Le lendemain, dimanche 2 janvier, à la pointe du jour, une locomotive a remorqué jusque sur le quai d’embarquement les susdits wagons avec leur contenu et de là, une chaloupe qui les attendait a porté ces nobles passagers à l’îlot Prune.

Ils doivent y attendre le passage du Gange qui les débarquera à Diégo-Suarez où ils iront rejoindre leurs congénères austro-boches au palais que des irrévérencieux appellent, – à tort bien sûr, – prison ou maison d’arrêt. Là ils pourront, tous en chœur, réfléchir sur les vicissitudes humaines et la fragilité des projets de conquêtes mondiales, voire même de Madagascar.

En attendant, à l’îlot Prune ils sont protégés contre toute mauvaise tentation d’évasion, – les requins pullulent autour de l’île, – par un détachement de tirailleurs composé de 18 hommes, deux caporaux, un adjudant et un sergent. Ce dernier, originaire des pays envahis, a sa famille prisonnière en Allemagne. Les Austro-Boches seront bien gardé.

Le Tamatave

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