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Madagascar il y a 100 ans : oignez vilain il vous poingdra ! (2)

(Suite.)

Sous couleur d’œuvre patriotique une société secrète s’était formée irrégulièrement et quelques meneurs, la faisant dévier de son but, ont voulu la faire servir à satisfaire leurs rancunes, en même temps que leur ambition personnelle.

Suivant renseignements que nous pouvons affirmer exacts, le nombre de Malgaches arrêtés sera d’environ deux cents, sur lesquels une cinquantaine bénéficieront probablement d’une ordonnance de non-lieu. Nous nous trouvons ainsi bien loin du millier d’arrestations tapageusement annoncé, et ce chiffre, fût-il atteint, ne représenterait qu’une proportion bien minime, insignifiante, pouvons-nous ajouter, de la population indigène de notre colonie qui dépasse trois millions d’habitants.

  1. le Gouverneur Général les qualifie d’imprudents ; il serait plus exact de les traiter de fous, et de fous presque inconscients. Ils veulent passer pour civilisés ; mais ils n’ont su prendre de notre civilisation qu’un vernis très superficiel, sans même se douter de ce qu’elle a de beau et de délicat. Amateurs de pièces théâtrales qu’ils composent et jouent même assez bien, ils ont sans doute étudié La Mère Angot, et trouvé bon d’expérimenter dans la vie réelle ce qui se passe sur la scène. Ce serait souverainement ridicule si ce n’était pas criminel.

Quand on conspire…

Pour tout le monde il faut avoir

Perruque blonde et collet noir.

Mais nos pseudo civilisés ont interverti les choses : ils portent perruque noire et pour cause, avec faux-cols blancs et vestons croisés.

Vêtus à la mode de demain, se produisant dans toutes les réunions d’apparat, entretenant une femme également habillée avec luxe, on se demande comment, avec leurs maigres appointements, ils peuvent subvenir à toutes ces dépenses. Ils représentent donc des éléments choisis pour entrer dans une société secrète quelconque leur laissant entrevoir une amélioration dans les conditions de leur existence.

Il paraît qu’il n’y a que quelques meneurs dont la responsabilité soit entière, bien qu’ils n’aient pas tenu compte de l’impossibilité que présentait l’exécution de leur projet.

 (À suivre.)

Le Tamatave

www.bibliothequemalgache.com

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