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L’ordre et le progrès

L’ordre et le progrès

« Il va de soi que nul ne peut nous dicter notre conduite ». Cette assertion est de l’actuel Président rwandais, Paul Kagamé, en avril de l’année dernière dans une interview accordée à Jeune Afrique, avant même que les débats sur la modification de la Constitution de son pays ne soient rendus publics. Et lui d’ajouter que « Ce qui importe pour les Rwandais, c’est le progrès, la qualité de leur vie et de la gouvernance, la vision dont leurs dirigeants sont capables. Tout le reste est trivial ». Une réponse du berger à la bergère face aux contestations, venant en particulier de certaines chancelleries, que commence à soulever son éventuelle participation à la présidentielle de son pays en 2017.

Primo, il faut dire les choses telles qu’elles sont, il est extrêmement rare qu’un dirigeant d’un pays d’Afrique subsaharienne ose défier les dirigeants du monde occidental, à l’instar de la première puissance mondiale. C’est que quelque part, il croit en sa force et en l’onction populaire dont il bénéficie.

Secundo, à l’inverse d’autres pays où le changement de la Constitution est sujet à des manifestations et des luttes intestines entre clans rivaux, le Rwanda n’a pas connu de tensions pouvant influer sur les résultats du référendum du 18 décembre dernier. Il suffit de revoir les conditions dans lesquelles la Constitution de 2010 a été votée à Madagascar pour le comprendre.

Tertio, à l’instar des observateurs avertis, tous s’accordent à dire que le Rwanda va mieux, et plus que mieux, et ce en tenant compte de son passé récent.

Dans une nation en reconstruction, lorsque les exigences élémentaires sont comblées, le reste coule de source. « Pour nous Rwandais, il n’est pas de liberté sans la liberté de se soigner, d’être éduqué, logé, nourri, éclairé, et il n’est pas de liberté sans égalité entre hommes et femmes. On ne peut donc pas se comprendre », note sans détour le Président rwandais, acculé par les biens pensants des organismes internationaux.

Tout comme lui, Lee Kuan Yew, l’ancien Premier ministre thaïlandais a su transformer son pays d’un petit avant-poste colonial sous-développé et sans ressources naturelles en un pays avec l’une des économies les plus florissantes de toute la planète. Et ce à travers l’ordre, la discipline, le respect… et aussi étonnant que cela puise paraître, ce bonhomme est resté trente-et-un ans, cinq mois et vingt-trois jours au pouvoir et est décrit par Barack Obama comme un véritable géant de l’Histoire, et par le secrétaire général de l’ONU comme une figure légendaire. C’est que quand le progrès est là, tout le reste est trivial.

Jao Patricius

Une réponse à "L’ordre et le progrès"

  1. Fresha  05/01/2016 à 09:58

    Trés joli (rare) article par fait par un africain en hauteur de vue, avec les yeux propre de l’auteur. Enfin pas du copier-coller!

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