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Femme au travail : tout est question de compréhension

Femme au travail : tout est question de compréhension

Harivola Rakotondrazaka est une mère de famille exerçant en « free lance » le métier de guide touristique. Le fait d’être souvent absente de son foyer, en raison de ses déplacements fréquents, ne perturbe pas son ménage. « Tout est question de compréhension entre les membres de la famille », affirme-t-elle.

Les Nouvelles (LN) : Depuis quand êtes-vous dans le métier, et comment avez-vous réussi à convaincre votre entourage pour l’exercer ?

Harivola Rakotondrazaka (HR) : Cela fait exactement 11 ans que je suis guide professionnel, c’est-à-dire depuis 2005. Je n’ai jamais travaillé dans un bureau, mais toujours sur terrain. Mes deux enfants avaient respectivement 5 et 7 ans à mes débuts. Certes, vu leurs âges, j’avais peur à ce moment là qu’il y aurait des impacts négatifs sur eux, notamment sur les plans affection et éducation. Mais à force de leur expliquer que le seul salaire de leur père ne suffit plus à satisfaire les besoins au quotidien, ils ont fini par comprendre et accepter la situation.

D’ailleurs, je les ai déjà engagés dans le scoutisme dès leur jeune âge, à partir de quatre ans. L’objectif est qu’ils apprennent à se débrouiller tout seul, mais aussi à s’habituer à l’absence des parents, en faisant du camping durant les weekends ou les jours fériés.

A tout cela s’ajoutent aussi la confiance et la compréhension de mon mari. En effet, d’autres hommes à sa place n’auraient jamais accepté que non seulement leur femme soit au travail toute la journée, mais se permet de plus de s’absenter plusieurs jours, voire des semaines.

Et comme le tourisme a une haute saison et une basse saison, le fait de se serrer un peu la ceinture à la maison, durant la basse saison, en particulier en ce qui concerne les petits caprices des enfants, est aussi un argument très convaincant sur les avantages de la femme au travail.

LN : Ces mesures suffisent-elles à dire qu’il n’y a aucun problème dans votre foyer ?

HR : En effet, cette situation a aussi malheureusement ses revers. Mais comme je travaille en « free lance », la basse saison me donne le temps de combler les absences fréquentes du foyer durant la haute saison. La basse saison s’étale du mois de novembre au mois de mars, soit près de 5 bons mois pour se retrouver réunis en famille. Certes, les enfants savent qu’il n’y a rien de mieux qu’une mère au foyer, mais devant les restrictions qu’on devrait observer en cette période de « vaches maigres », par rapport à la période faste de la haute saison, sans parler des cadeaux que je ramène à la maison venant des clients, ils prennent conscience de ma contribution au renflouement des finances de la famille. De plus, on ne peut pas tout avoir.

Propos recueillis par Sera R.

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