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Perspectives 2016 : R. Yamate se réfère à la loi, Rasendrahasina prêche la réconciliation

Perspectives 2016 : R. Yamate se réfère à la loi, Rasendrahasina prêche la réconciliation

L’heure est aux vœux et aux souhaits. Que peut-on espérer d’autre qu’une année 2016 pleine de réussite et de prospérité. Des visions globales positives qui dépendent en fait de plusieurs paramètres politiques. Certains affichent leur optimisme alors que d’autres qui croient néanmoins à la relance du développement du pays cette année, émettent de réserves et ne cachent pas leur pessimisme. En tout cas, la nouvelle année, comme à l’accoutumée s’annonce toujours prometteuse.

Robert T Yamate (Ambassadeur Des Etats-Unis)

« Comme le Président l’a dit dans son discours à la Nation, 2015 a été une année de test pour Madagascar. Pour 2016, le gouvernement américain, avec la mise en place effective de toutes les institutions, compte voir la concrétisation des bases fondées par le gouvernement et le peuple malgaches l’année dernière. Parmi les chantiers qui restent aussi importants figurent la mise en œuvre effective de la nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption, et spécifiquement l’application de la nouvelle loi contre le trafic de bois de rose et d’autres bois précieux.  Il va sans dire que l’application de ces législations ne pourra se faire effectivement sans un système judiciaire équitable et indépendant. L’autre chantier dont nous attendons la réalisation est bien entendu l’adoption du nouveau Code de la Communication, qui jettera les bases d’une presse libre, indépendante et responsable qui jouera pleinement son rôle de sentinelle. Enfin, du peuple américain au peuple malgache, nous continuerons notre solide programme d’assistance au développement ».

Chef Mariette : « L’agriculture, l’élevage et la pêche, les secteurs à prioriser »
« Je n’ai encore aucune idée de ce qui se passera l’année prochaine. Par contre, ce que je sais, c’est qu’il faut renforcer et surtout encourager les trois secteurs essentiels pour l’homme en général, c’est-à-dire l’agriculture, l’élevage et la pêche. Madagascar n’est pas un pays pauvre, au contraire nous sommes riches, nous avons toutes les ressources naturelles et humaines nécessaires. Notre île est assez vaste pour l’agriculture et l’élevage. Nous possédons par exemple presque tous les fruits, et il en existe toujours tout au long de l’année. Nous avons de bons produits agricoles riches en saveur, des animaux élevés en pleine nature… Sans oublier la pêche. Car Madagascar est une grande île dont les eaux regorgent aussi de ressources. Bref, autant de richesses naturelles à ne pas négliger. L’homme a besoin de manger, même trois fois par jour, et nous, les cuisiniers, nous sommes les percepteurs de ces trois secteurs. Ainsi, je suis convaincue que nous devrons considérer l’agriculture, l’élevage et la pêche comme des métiers à promouvoir ».

Olombelo Ricky : « Un risque de déséquilibre total pour le pays »

 « Que ce soit en 2016 ou en 2017, je pense que la situation à Madagascar va empirer, parce qu’on a enlevé au peuple, ou plus précisément au Fokonolona, son pouvoir. Ce qui va créer un déséquilibre total pour les Malgaches, ou des situations d’explosion sociale. Plus concrètement, l’apatridie commence à prendre de l’ampleur, ce qui fait que les influences politiques, économiques et culturelles étrangères vont encore se renforcer. Par ailleurs, certaines confessions religieuses ont la mainmise sur certaines ressources naturelles, ce qui crée également des conflits socioculturels. Ces deux principaux problèmes engendreront un affaiblissement des pouvoirs publics, la déperdition de l’opinion, ainsi qu’une pauvreté spirituelle et culturelle pour les Malgaches. Cependant, notre civilisation va être confrontée à une perte sérieuse de la conscience nationale. Je ne suis pas pessimiste, mais ceci est juste une réalité. »

 Sendraharisoa Rabendrainy (Secrétaire exécutive de la Plateforme des fédérations des personnes handicapées de Madagascar)

 « Des actions concrétisant la ratification par Madagascar, en 2015, de la Convention internationale sur les droits des personnes handicapées devraient couronner cette nouvelle année 2016. Des défis énormes attendent le pays dans la promotion de l’inclusion des personnes handicapées dans tous les domaines. Au nom de la Plateforme des fédérations des personnes handicapées de Madagascar (PFPHMAD), je lance un appel aux autorités compétentes et à toutes les parties prenantes à conjuguer leurs efforts dans la réalisation de ces défis, notamment le respect de leurs droits, en particulier le droit d’avoir accès au travail. Ceci permet aux personnes en situation d’handicap d’avoir leur autonomie, de cesser d’être des poids pour leur famille et leur entourage et de participer pleinement au développement socioéconomique de leur pays ».

 

 Beatrice Atallah, ministre des Affaires étrangères : « Je souhaite que le pays connaîtra enfin la paix, la stabilité et le respect mutuel entre les citoyens. Comme vous savez 2016 est une année charnière pour notre pays notamment avec l’accueil des sommets du Comesa et de la Francophonie. Ce sont deux évènements qui marqueront l’Histoire de notre pays car ils auront des impacts importants tant au niveau national qu’international. Par ailleurs, nous allons aussi faire en sorte que la diplomatie économique se renforce. C’est l’un des axes prioritaires du ministère des Affaires étrangères. Donc, nous espérons aussi que les partenariats aussi bien bilatéraux que multilatéraux se multiplient »

Fredy Rajaonera (Président du Syndicat des industries de Madagascar-Sim)

« Certes, dans le courant de l’année 2015, il y a eu des rapprochements entre le public et le privé. Mais jusque-là, aucune mesure concrète n’a encore été prise. Le Sim espère ainsi cette année que des actions palpables soient réalisées. « A ce sujet, nous allons proposer à l’Assemblée nationale, dans le courant du premier trimestre de l’année, un projet de loi sur le développement industriel », a-t-il fait savoir avant de poursuivre qu’« Il faut que les responsables étatiques comprennent que l’industrie est le moteur du développement ». Il a été démontré dans le monde que l’économie évolue grâce à l’industrie. Il faut donc créer des industries. La population de Madagascar est actuellement estimée à 23 millions d’âmes. Ainsi, nous sommes condamnés à créer des industries et à trouver des solutions pour absorber cette main-d’œuvre d’une part, et pour survivre d’autre part ».

Pour le développement du tissu industriel malgache, le Syndicat des industries de Madagascar (Sim) prônent « la complémentarité » et « l’harmonisation des actions » entre les secteurs public et privé. « Si les industries malgaches en sont là aujourd’hui, c’est que nous nous sommes battus et que nous avons encore confiance à la relance », a-t-il souligné.

Aurel Clyd Rabehanta, chargée de communication de WaterAid à Madagascar

 « Le compte à rebours pour la vision Eau, assainissement et hygiène partout et pour tous en 2030, commence au début de cette année 2016.  Le défi est de taille pour la Grande île, où plus de la moitié de la population, soit 54% n’a pas accès à l’or bleu et seulement 15% possèdent des infrastructures d’hygiène répondant aux normes. Par ailleurs, pour des raisons économiques ou culturelles, nombreux font encore leurs besoins dans la nature, soit plus de 60%. Des réalités qui nous interpellent tous. Les médias sont des alliés incontournables pour relever ce défi  tant dans l’interpellation du gouvernement que la mobilisation des citoyens ».

Boudah a son mot à dire !

Si certains dirigeants affichent encore de l’optimisme pour 2016 sur le plan sportif, d’autres joueurs dont Aimé Michel Doraline alias Boudah par contre restent sceptiques. « Sans un réel investissement de l’Etat dans le sport, les efforts consentis par les athlètes et les clubs seront vains ». En tant que l’un de ces grands joueurs de volley-ball encore en activité, il est bien placé pour prédire l’avenir immédiat du sport, notamment les disciplines collectives.

« Aucun espoir n’est à mettre sur les dirigeants tant qu’ils continueront de miser sur la politique au détriment du sport », a-t-il déploré. Ainsi, il affiche sa crainte surtout pour les disciplines comme le volley-ball. Les efforts de la fédération ne semblent pas suffisants pour faire bouger les choses.

Fidèle Razafintsalama, président de la Fédération malgache de handball : « Le manque de moyens est un lourd handicap »

Pour Fidèle Razafintsalama, président de la Fédération malgache de handball, « L’Etat a fait des efforts pour soutenir les fédérations, mais le manque de moyens financiers risquent d’handicaper le développement du sport ».

« Sans argent, rien ne va », a-t-il souligné. De ce fait, il espère pour la prochaine saison une meilleure entente entre les instances du sport. « Une franche collaboration entre les fédérations et le ministère de la Jeunesse et des sports est nécessaire », a-t-il réitéré Il pense notamment à la facilitation de la participation des équipes malgaches aux joutes africaines. « Tous les efforts vont rester vains si la participation aux compétitions africaines est inaccessible », a-t-il fait savoir.

Pasteur Lala Rasendrahasina (président du FFKM)

« 2015 a été marquée par une crise mondiale qui n’a pas été épargnée notre pays. La population malgache ne sent plus en sécurité surtout après les violences teintées de terrorisme qui se sont soldées par une perte de vie humaine. La crise politique dans le pays a des conséquences néfastes sur le quotidien des ménages malgaches malgré les efforts déployés par les dirigeants. La majorité de la population vit dans l’extrême pauvreté contrairement à une minorité de nouveaux riches qui ont amassé leur fortune par des méthodes pas très catholiques. La corruption fait rage. Cependant, la croyance en Jésus-Christ notre Sauveur apporte beaucoup d’espoir à ceux qui le croient. L’Eglise s’efforce de prêcher la Bonne parole.  Pour  ma part, j’espère que 2016 sera une année où la réconciliation prendra forme une bonne fois pour toutes. Les résolutions lors des assises nationales organisées par le FFKM doivent être prises en compte afin de restaurer la stabilité et la paix dans le pays. Le FFKM ne lâchera pas prise dans la mise en œuvre de la  vraie réconciliation à Madagascar ».

Blaise Richard Randimibisoa (ministre de la Sécurité publique)

« L’année 2016 s’annonce dure. Des efforts ont été déployés tout au long de l’année 2015 et des progrès réalisés mais il reste un long chemin à parcourir. Personne n’est sans savoir que Madagascar sera le pays hôte du sommet de la Francophonie. Ce qui veut dire que beaucoup de travail nous attend, particulièrement dans le domaine de la sécurité. Des personnes malintentionnées tentent à tout prix de nous mettre des bâtons dans les roues mais nous nous y sommes déjà préparés ».

Père Pedro prône le changement et l’espoir

 Le fondateur de l’association Akamasoa, le Père Pedro Opeka n’a pas manqué de partager sa vision et d’exprimer son souhait en ce début de la nouvelle année : « Le pays a traversé une période difficile au cours de l’année 2015 et a quasiment perdu sa valeur culturelle. Le respect du Fihavanana ne cesse de se détériorer. L’esprit de solidarité, d’unité et d’entraide n’existe plus même au sein de la famille et une grande différence est fortement constatée par rapport aux années 70, période marquant ma première venue à Madagascar. Pour cette nouvelle année, le pays a besoin de quelqu’un ayant la foi et la bonne volonté d’apporter un changement et de l’espoir. Les dirigeants et Raiamandreny du pays doivent s’y impliquer davantage. Un grand défi doit être relevé afin de redresser le pays et l’association Akamasoa espère dans son combat de se consacrer à des actions d’intérêt collectif. J’espère bien que dans un pays où la majorité des habitants est composée d’enfants et de jeunes, les dirigeants doivent réfléchir sur des projets visant à améliorer leurs conditions de vie en s’investissant dans des actions sociales justes et équitables. Le combat qu’a mené l’association Akamasoa pour faire face à la pauvreté depuis son existence a toujours été placé sous le signe de l’espoir pour changer des vies grâce à la bonne volonté de mes 500 proches collaborateurs qui sont tous des jeunes ». 

Bruno Andriamihaja Ratianarivo (maire de la commune rurale d’Ambavahaditokana-Itaosy) :

« Avant même d’être candidat à la mairie de notre commune je pensais déjà que seule la participation de chaque citoyen pourra remettre Madagascar sur les rails du progrès. Par conséquent, pour l’année 2016 je souhaite santé et prospérité à tous les Malgaches afin que chacun puisse contribuer au développement de notre chère patrie. Je désire également que nous nous orientions davantage vers cette vision de développement durable au lieu  de nous attarder sur des conflits politiques qui n’ont aucune raison de s’imposer comme barrière à l’ascension économique. Sur ce, bonne et heureuse année à tous ».

JeanMax Rakotomamonjy (président de l’Assemblée nationale) 

« Il n’est pas toujours facile de gérer un pays. Pour cette nouvelle année, j’espère qu’il puisse y avoir plus d’apaisement, de solidarité et de collaboration entre les institutions de l’Etat, particulièrement entre l’Exécutif et le Législatif pour garantir la stabilité politique. Il n’a pas été facile de gérer la motion de déchéance et la motion de censure survenues à l’Assemblée nationale voilà quelques mois déjà. Pour cela, il est nécessaire que les deux institutions puissent s’accorder sur un point, celui du développement du pays. Cela d’autant plus que le Sénat sera bientôt mis en place. Pour cette nouvelle année, la confiance entre les dirigeants et le peuple doit être rétabli pour que les financements puissent également revenir rapidement ».

Coralie Gevers (Country Manager de la Banque mondiale à Madagascar)

C’est lors d’une rencontre avec la presse, le 16 décembre dernier que Coralie  Gevers, country manager de la Banque mondiale à Madagascar a émis son impression sur Madagascar pour l’année 2016.

 « On s’attend à une amélioration de la croissance à Madagascar et à une amélioration progressive de l’économie malgache en 2016. Le secteur textile, la télécommunication, les services comme les « call-center » ont connu un essor considérable dans le pays, selon les autres institutions. On devrait également tenir compte du secteur agricole qui fait vivre la grande majorité de la population malgache. Il est aussi nécessaire de fournir plus de données sur la situation économique du pays, car notre constat est que très peu de chiffres sont encore disponibles à ce sujet à Madagascar », a-t-elle affirmé.

Charles Sylvain Rabotoarison (président du Conseil pour la réconciliation malgache-FFM) :

« L’octroi de l’amnistie et la réparation des victimes ont été l’un des principaux handicaps du FFM dans la mise en œuvre de la réconciliation, faute de moyen. Mais comme le texte sur la nouvelle structure pour la réconciliation est déjà élaboré je pense que la situation va évoluer cette année. Pour cette nouvelle année également, je m’attends à ce que les membres du Parlement soit au complet, non seulement au niveau de l’Assemblée nationale mais également du Sénat. Sur le plan économique, je souhaiterais enfin que les bailleurs de fonds arrivent au pays rapidement ».

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